dimanche 11 mai 2014

L'USS Liberty: Une attaque délibérée d'Israël, couverte par les Etats-Unis



Une attaque délibérée d'Israël, couverte par les Etats-Unis: ça vous rappelle quelque chose?...
Cette attaque a non seulement été vite oubliée et pardonnée par le gouvernement américain mais cela ne les a pas empêché de faire plusieurs milliards de dons à Israël en aide militaire depuis 1985. Fakwes

Début juin 1967, en pleine guerre des Six Jours, l'aviation israélienne attaque un navire espion américain. Méprise ? Acte délibéré ? Et, dans ce cas, qui a pris la décision ? Et pour quelle raison ? 

L'alliance entre Tel Aviv et Washington est parfois l'objet de coups tordus... A méditer, en cette période où la région est à nouveau en ébullition. 



En ce matin du 8 juin 1967, au quatrième jour de la guerre des Six Jours, l'état-major israélien peut s'estimer satisfait : les armées égyptiennes en déroute refluent vers le canal de Suez abandonnant la péninsule du Sinaï ; les parachutistes israéliens se sont emparés de la vieille ville de Jérusalem et refoulent les forces jordaniennes sur la rive est du Jourdain. Israël, invoquant la légitime défense préventive, a attaqué par surprise. Et l'audace semble avoir payé. Pour parachever cette victoire éclair, Tsahal se doit néanmoins de conquérir le plateau du Golan où s'est retranchée l'armée syrienne.


Au même moment, le navire d'écoute électronique américain USS Liberty (AGTR-5) croise au large d'El-Arish, au nord de la péninsule du Sinaï, à une vitesse de cinq noeuds. Le 24 mai, cet ancien cargo, transformé en 1964 en navire espion, a reçu l'ordre de quitter sa base de Norfolk, en Virginie, pour rallier le port espagnol de La Rota. Arrivé le 1er juin, il a appareillé le lendemain pour rejoindre une position d'attente en Méditerranée orientale, au sud de la Crète, à distance de sécurité de la zone prévisible des combats. La National Security Agency, qui a autorité sur ce bâtiment au même titre que l'US Navy, estime inutile de le faire naviguer trop près du champ de bataille, ses équipements ultraperfectionnés étant en mesure de capter les informations stratégiques depuis le large. L'Office of Naval Intelligence, désireux quant à lui de renforcer sa crédibilité battue en brèche depuis plusieurs décennies, souhaite au contraire lui faire longer les côtes pour tenter de recueillir des informations sur les armements utilisés par les belligérants, et dont certains équipent les Nord-Vietnamiens engagés contre les troupes de l'Oncle Sam !

Ces volontés contradictoires entre la NSA et l'ONI amènent le Liberty à modifier plusieurs fois sa route. Le 7 juin, il reçoit l'ordre de se rendre, sans escorte, vers un point situé à l'est d'El-Arish, non loin de Gaza, puis de bifurquer plein ouest vers Alexandrie, afin de longer le Sinaï à une vingtaine de kilomètres du littoral. Il est sur zone le lendemain matin. Mais pendant qu'il mettait le cap vers Gaza, le Liberty a fait l'objet d'une tentative d'interception, de nuit, par une patrouille de Mirage III israéliens. Confronté à un important brouillage électromagnétique émanant du navire américain, les deux pilotes israéliens ne peuvent accomplir leur mission et rentrent à leur base.

Le 8 juin, entre 8 h 50 et le début de l'après-midi, le Liberty est à nouveau survolé à sept reprises par des appareils israéliens. Ceux-ci suivent sa progression heure par heure. La visibilité est excellente et le bâtiment arbore la bannière étoilée, le fameux Stars and Stripes . En fin de matinée, alors que le bâtiment est à 24 km au large d'El-Arish, son équipage remarque la silhouette d'un Noratlas, « cerclant » au-dessus du navire. Simultanément, les communications sont brouillées. A 14 heures, arrivant à grande vitesse et à faible altitude, quatre Mirage III israéliens du 101e escadron effectuent un survol de reconnaissance, et passent à l'attaque, bientôt rejoints par deux Super Mystère. En un peu plus de vingt minutes, les six appareils épuisent contre le Liberty leurs obus de 30 mm, leurs roquettes et leurs bombes au napalm. Les superstructures et les antennes de détection du navire ne sont plus qu'un enchevêtrement de ferrailles. Des incendies se déclarent sur le pont. Ni les moteurs ni la coque ne sont cependant atteints, et le bâtiment continue d'avancer. Son commandant, William MacGonagle, tente d'entrer en contact avec les appareils israéliens et avec l'état-major de la 6e flotte, sans y parvenir. Le brouillage affectant les communications du navire s'avère manifestement efficace.

A 14 h 30, trois vedettes lance-torpilles israéliennes approchent à leur tour du Liberty . Elles ont quitté leur base d'Ashdod en fin de matinée et se sont dirigées à pleine vitessevers le point prévisible d'interception. D'après les témoignages des marins américains, elles engagent le combat immédiatement, larguant cinq de leurs six torpilles. Quatre d'entre elles manquent leur cible, mais la dernière frappe le Liberty par tribord, ouvrant une brèche d'une dizaine de mètres dans la coque, au niveau de l'une des salles de contrôle, tuant sur le coup 26 techniciens de la NSA. Le navire espion gîte maintenant à tribord et s'immobilise, sans machine ni électricité. Ses compartiments étanches l'empêchent néanmoins de couler. Pendant plus d'une demi-heure, les vedettes israéliennes tournent autour de leur proie, épuisant elles aussi, leurs munitions. Pour riposter, le commandant du Liberty ne dispose que de quatre mitrailleuses de 12.7, assez efficaces cependant pour maintenir à distance les vedettes israéliennes.

Peu après 15 heures, l'attaque cesse aussi brusquement qu'elle a débuté, et la vedette israélienne T'amasses entre pour la première fois en contact avec le bâtiment américain,lui demandant si celui-ci a besoin d'aide ! Dans la foulée, au moins un hélicoptère de type Super Frelon, qui transporte des commandos israéliens, tente d'apponter sur le Liberty ... Sans succès.

Le Liberty , malgré 30° de gîte, parvient à remettre ses machines en marche et s'éloigne, cap au nord. C'est paradoxalement sous la protection de deux destroyers soviétiquescroisant en Méditerranée orientale que le bâtiment espion américain regagne l'écran protecteur de la 6e flotte déployée beaucoup plus à l'ouest, entre Chypre et la Crête. Outre la brèche provoquée par l'explosion d'une torpille, 821 impacts de projectiles divers sont relevés sur la coque et les superstructures du Liberty . Les pertes humaines sont considérables : 34 morts et 171 blessés ! Les voies d'eau sont colmatées et le navire parviendra péniblement à regagner le port de Little Creek, en Virginie, après avoir fait une escale à Malte le 14 juin. Jugé irrécupérable, il est réduit en ferraille sans autre forme de procès.

Bien que le gouvernement israélien exprime ses plus sincères regrets et verse près de 7 millions de dollars de dédommagement aux familles des victimes, il se refuse à reconnaître sa responsabilité dans cette affaire et donne sa version de l'incident : dans le courant de la matinée, des appareils de reconnaissance israéliens ont certes repéré un navire croisant au large d'El-Arish, mais ils ont pensé avoir affaire à un destroyer égyptien de type Skory, voire même à un vénérable vapeur spécialisé dans le transport de chevaux ! Difficile à avaler. Comment confondre un cargo de 137 mètres de long, équipé d'immenses mâts de détection, d'une imposante antenne elliptique et ne disposant d'aucun armement visible, avec un destroyer à la silhouette profilée armé de cinq tourelles de canons bien visibles ?

Pour tirer l'affaire au clair, les autorités américaines et israéliennes désignent chacune une commission d'enquête. Après moins de cinq semaines de travaux, les deux groupes d'experts présentent leurs conclusions à quelques jours d'intervalle. Celles-ci sont rédigées en des termes étonnamment proches. Elles officialisent toutes deux la thèse de la méprise. Dans son rapport de huit pages du 21 juillet 1967, le juge israélien Yeroushalmi estime qu'il s'agit d'une « regrettable erreur ». Dans son rapport de 174 pages, l'amiral Isaac Kidd, pour le compte du département de la Défense, tire les mêmes conclusions. Curieusement, le secrétaire d'Etat américain à la Défense demande au conseiller juridique du département d'Etat,Carl Salans, de rédiger un rapport contradictoire qui met en exergue dix points de divergence entre les deux rapports officiels. Du côté israélien, le procureur militaire en chef, lui-même impliqué dans l'élaboration du rapport Yeroushalmi, fait remonter à son gouvernement un réquisitoire accablant mettant en évidence la responsabilité de l'ensemble de la chaîne de commandement. Son rapport contradictoire ne donne pourtant lieu à aucune suite.

Si ce n'est en acceptant l'idée que les gouvernements américain et israélien se sont préalablement entendus pour étouffer l'affaire, comment expliquer la similitude des conclusions de ces deux rapports ? Comment expliquer que malgré le nombre important de morts américains, le Congrès n'ait jamais été autorisé à mener sa propre enquête ? Pourquoi les autorités américaines ont-elles toujours refusé de publier le rapport israélien arguant que « cela nuirait aux relations avec un pays allié » ? Pourquoi le site officiel de la NSA (www.nsa.gov/museum/liberty) affirme-t-il encore aujourd'hui que cette affaire n'a jamais été tirée au clair ? Comment expliquer que les Israéliens aient pu commettre une telle erreur d'identification, après avoir surveillé pendant plus de six heures un bâtiment qui ne ressemblait en rien à un navire de guerre et qui, de surcroît, battait pavillon américain ? Comment expliquer leur acharnement à le mitrailler pendant plus d'une heure ? Et leur volonté de brouiller ses communications ? Et s'il s'était agi d'un navire soviétique, comme les Israéliens le prétendirent, pourquoi l'avoir attaqué alors même que la veille, ils avaient laissé passer un « chalutier soviétique » vers le golfe d'Aqaba ? Quant à plaiderl'initiative malheureuse de subordonnés incompétents, cette éventualité semble inconcevable. Enfin, s'il y avait réellement eu erreur d'identification imputable au service des renseignements militaires, comment expliquer qu'aucun personnel de ce service n'ait subi la moindre sanction après la guerre ?

Toutes ces interrogations en appellent une autre. Pourquoi Tel Aviv aurait-il ordonné un tel raid contre un navire allié ? Le 8 juin, lorsque leurs chasseurs attaquent le Liberty , les Israéliens s'apprêtent à lancer leur assaut contre le Golan où sont retranchées les forces syriennes. Un secret qui, justement, pourrait être découvert grâce à l'appareillage électronique du navire américain et transmis à Washington. Or, l'administration américaine exerce justement des pressions sur l'Etat hébreu pour le contraindre à accepter un cessez-le-feu sous l'égide des Nations unies. De plus, les Américains ne souhaitent pas voir les armées arabes totalement humiliées. Ils craignent de voir se renforcer un peu plus l'emprise soviétique sur la région et de perdre quelques alliés arabes dans une région riche en pétrole. L'attaque contre le Liberty permet de faire comprendre à Washington que Tel Aviv refuse de se faire dicter sa conduite et que sa sécurité, même si l'alliance avec la France a vécu, ne dépend pas exclusivement de l'Amérique.

Se pose alors la question fondamentale de savoir qui a pris la décision ? Il semble inconcevable que le Premier ministre Levi Eshkol, homme politique modéré peu favorable au recours à la force, initialement opposé à l'idée d'une attaque préventive et favorable aux thèses américaines, ait pu donner cet ordre. Si la motivation du raid contre le Liberty était demasquer les préparatifs d'un assaut israélien dans le Golan, on imagine mal Moshé Dayan prendre cette décision, alors qu'il était notoirement opposé à une action contre la Syrie. Si par contre, la raison de cette attaque était d'envoyer un avertissement aux Américains, il n'est pas impossible que le général israélien ait avalisé cette opération,d'autant plus qu'il se présentait comme un fervent défenseur d'une alliance militaire équilibrée avec les Etats-Unis, fondée sur un pied d'égalité. Un fait est certain, aucun autre ministre du cabinet restreint n'avait alors l'autorité suffisante pour s'engager dans une voie aussi hasardeuse.

Reste alors Meir Amit, le directeur du Mossad, ou encore certains généraux de l'état-major appartenant au clan des « faucons » Ezer Weizman, ancien commandant des forces aériennes et conseiller spécial de l'état-major ; Aharon Yaariv, chef des renseignements militaires ; Rehavam Zeevi, chef des opérations, mais aussi Mordéchaï Hod et Shlomo Erel, respectivement commandants des forces aériennes et navales. Quant au général Yitzhak Rabin, alors chef de l'état-major général, tout semble militer pour sa responsabilité : ses fonctions, son autorité, sa présence au sein de l'état-major général pendant la matinée cruciale du 8 juin.

Si, comme tout le porte à croire, l'attaque contre le bâtiment américain Liberty a été intentionnelle, le choix de recourir à une telle extrémité n'a sans doute pas, en revanche, été prémédité longtemps à l'avance. Et ce choix résulte très probablement d'une décision collégiale prise dans le feu de l'action.

* Historien familier des questions stratégiques, Pierre Razoux est l'auteur de deux livres sur La Guerre israélo-arabe d'octobre 1973 (Economica) et La Guerre des Malouines(Larivière). Il achève un ouvrage intitulé La Guerre des Six Jours : du mythe à la réalité.

Comprendre 
National Security Agency
Créée en 1952, basée a Fort Meade dans le Maryland, la NSA constitue l'agence fédérale de renseignement la plus secrète du gouvernement américain. Chargée de l'espionnage électronique, elle met en oeuvre les satellites espions américains et gère le fameux réseau d'écoute Echelon.

Office of Naval Intelligence
L'ONI constitue depuis 1882 le service de renseignement de la marine américaine. Son plus grave échec fut de n'avoir pas su anticiper l'attaque japonaise sur Pearl Harbor en 1941.

Les survivants contestent 
Pour plusieurs amiraux américains et de nombreux survivants, l'attaque contre le Liberty était délibérée. Au début des années 1980, ces marins ont créé une association pour tenter d'élucider l'affaire. Nombre d'entre eux souligne le manque d'impartialité de la commission d'enquête dans le choix des témoignages retenus dans le rapport de la Naval Court of Inquiery. De la même façon, le 24 octobre 1998, le commandant du Liberty adressait une lettre ouverte au président Bill Clinton. Il lui demandait de ne pas libérer Jonathan Pollard, un ancien analyste du service de renseignement de l'US Navy convaincu d'espionnage au profit d'Israël, tant que Tel Aviv ne reconnaîtrait pas sa culpabilité dans l'attaque volontaire de son ancien navire. Depuis plus de vingt ans, des livres publiés aux Etats-Unis alimentent régulièrement la controverse. Ainsi, fin 2002, A. Jay Christol a publié The Liberty Incident (Brassey's, New York, 2002) qui défend la thèse de la méprise. Tandis que le journaliste d'investigation Peter Hounam faisait paraître en février dernier Operation Cyanide - sous-titrée en français Pourquoi l'attaque du Liberty a failli causer la Troisième Guerre mondiale (Vision Books). Pour lui, il s'agit au contraire d'une attaque préméditée

Source:


Les survivants de l’attaque effectuée en 1967 par l’aviation et la marine israéliennes contre la vedette de guerre américaine USS Liberty ont été contraints au silence et ignorés par notre pays, pour lequel ils ont pourtant mis leur vie en balance. 
Ils demandent aujourd’hui à l’administration Bush une enquête exhaustive. 

Ces rescapés, accompagnés d’amis et de membres de leur famille se sont réunis au cimetière d’Arlington, le 8 juin dernier, pour honorer la mémoire des trente-quatre marins de l’USS Liberty tués lors de la scandaleuse attaque navale et maritime contre leur bâtiment, voici trente-huit ans de cela. 


Tandis qu’un marin faisait tinter un triangle, rompant le silence régnant sur un océan de pierres tombales, ses camarades de navire énuméraient les noms des victimes. Un survivant, dont l’état de santé ne lui a pas permis d’assister à cette cérémonie, suivait son déroulement, au loin, grâce à son téléphone portable.

Tandis que les rescapés regardaient la mère d’un des héros disparus et la sœur d’un autre déposer une gerbe sur la plaque commémorative indiquant la tombe où reposent onze membres de l’équipage, ces hommes, ainsi que leurs compagnes, firent silencieusement le vœu de continuer à mener leur combat jusqu’à ce que les crimes et l’opération d’occultation qui leur fit suite soient dénoncés et exposés à l’opinion publique.

Une atmosphère palpable, quasi électrique, présidait à cette cérémonie particulière, dans le cimetière militaire de Washington. Lors des réunions passées, les survivants s’échangeaient des nouvelles sur leurs dernières opérations de chirurgie réparatrice et leur lutte contre les séquelles de leurs blessures. 

Sur l’équipage originel de 294 officiers et civils, 34 hommes furent tués et 173 blessés au combat, en ce jour fatal de juin 1967. 

Les quelques survivants indemnes ayant dû recueillir les fragments humains de leurs camarades, personne n’a quitté ce navire totalement indemne. 
Plus dure à supporter encore que les douleurs physiques et l’anxiété morale qu’ils ont subies, toutefois, fut pour eux la trahison de leur gouvernement et le silence qu’on leur a imposé durant près de quarante ans.

Lors de leur réunion, cette année, les membres de l’équipage ont entamé le procès dont ils espèrent qu’il ouvrira la voie vers la première enquête digne de ce nom sur l’attaque israélienne.

Durant une conférence de presse tenue à l’hôtel Washington, le 10 juin, les survivants du Liberty présentèrent un résumé du "Rapport sur les crimes de guerre" rédigé par James R. Gotcher, conseiller général légal de l’Association des Vétérans de l’USS Liberty [USS Liberty Veterans Association, USS-LVA]. 

Le 8 juin, journée anniversaire de l’attaque, Gotcher a remis ce rapport de trente-cinq pages, étayé de nombreuses notes de bas de page, au Secrétaire général de l’armée Francis J. Harvey, agissant en qualité d’agent exécutif pour le secrétaire d’Etat à la Défense Donald H. Rumsfeld. 

Après avoir reçu le rapport, débordant de preuve des crimes de guerre perpétrés par Israël contre du personnel militaire des Etats-Unis, le secrétaire à la Défense ne peut faire à moins que de susciter une enquête officielle.

Le rapport passe en revue les lois de la guerre qu’Israël a foulées aux pieds, et fournit des témoignages cruciaux de survivants, ainsi que des citations pertinentes des déclarations de dirigeants politiques de l’époque des faits. 

Pour examiner ce rapport dans son intégralité, connectez vous au site Web de l’USS Liberty : http://www.ussliberty.org.


Il est vital que tous les Américains ainsi que leurs représentants officiels élus lisent ce document irréfutable et concluant.

Moe Shafer, membre du conseil d’administration de l’association USS-LVA, a indiqué à des journalistes que si les victimes de l’attaque israélienne ont mis trente-huit ans à rédiger ce rapport, c’est uniquement parce que leur gouvernement ne leur a jamais demandé de témoigner, pas plus d’ailleurs qu’il n’a procédé lui-même à une enquête complète. "Il n’y a pas de prescription, en matière de crimes de guerre", a-t-il rappelé.

"Il incombe désormais au gouvernement américain d’agir afin de venger les survivants de cette agression", a déclaré Shafer, en particulier et avant tout pour ceux qui ont perdu la vie. Continuer à ne rien faire envoie au reste du monde le message qu’on peut attaquer le personnel militaire américain sans crainte d’aucunes représailles.

"Absolument toutes les autres attaques maritimes ont fait l’objet d’enquêtes, y compris les incidents des navires Pueblo, Stark et Cole. Cet événement, seul (celui de l’USS Liberty) demeure inexploré. Il est plus que temps de démasquer l’opération de couverture", a-t-il conclu.

Le responsable suivant à s’adresser à la presse fut un ancien ambassadeur des Etats-Unis en Arabie Saoudite, James Akins, qui prend la défense, depuis des années, des survivants de l’USS Liberty. 

Akins a fait observer que son ami, son excellence Dwight Porter, ambassadeur au Liban en 1967, avait déclaré à deux éditorialistes, Rowland Evans et Robert Novak, ainsi qu’à Akins et à d’autres connaissances (dont le directeur et le rédacteur en chef du Washington Report, ainsi que l’auteur de ces lignes) qu’il avait vu des transcriptions des enregistrements d’échanges radio au cours de l’attaque. 
Les radaristes américains ont entendu un pilote israélien reconnaissant le drapeau américain de l’USS Liberty. Ses supérieurs lui ont néanmoins donné l’ordre d’attaquer le navire.

Dans son livre intitulé The Liberty Incident, A. Jay Cristol, historien improvisé et autoproclamé qui fait aujourd’hui profession de juge des liquidations d’entreprises, affirmait que Porter avait retouché ce témoigne. "S’il l’a modifié, il n’aurait pu le faire que sous des pressions ou sous l’effet d’un chantage", fit observer son vieil ami Akins. Il est temps d’enregistrer une bonne fois pour toutes les témoignages de tous les témoins, a déclaré Akins. "La justice doit passer, tant que les victimes sont encore parmi nous", a-t-il dit aux journalistes.

Le vice-amiral Merlin Staring, de l’US Navy, à la retraite, ancien justice avocat général de la marine, qui fut impliqué dans la cour d’enquête initiale, en 1967, expliqua ensuite qu’il avait dû lire en toute hâte près de 607 pages de témoignages dactylographiés. 

Après qu’il eut remit en cause certaines des conclusions de cette cour, le rapport lui fut retiré, et il fut remis prestement à des officiels de Washington (afin de l’escamoter).


Joe Lentini, un expert ès communications, qui fut blessé sur le Liberty, a présenté ensuite un synopsis détaillé de l’attaque. Il a montré à l’assistance que le Liberty était manifestement un navire espion équipé de la technologie dernier cri et qu’il arborait le drapeau américain au moment de l’attaque. 
Il a dédié sa présentation réalisée au moyen du logiciel Power Point au capitaine du Liberty, William McGonagle, sans lequel, a-t-il insisté, "nous ne serions pas ici aujourd’hui". 

Lentini a indiqué qu’il fournira volontiers des copies de sa conférence en Power Point, complète, avec les photos et les autres preuves du caractère planifié et délibéré de l’attaque israélienne, à tout ceux qui le désirent, dans quelque pays que ce soit.

"Je ne sais pas pour quelle raison Israël a attaqué un vaisseau neutre, évoluant dans des eaux internationales, sans avertissement et sans motif", a déclaré Lentini. Il aimerait bien le savoir, expliqua-t-il, parce que quatorze, sur les trente-quatre tués, faisaient partie de ses hommes.

Lentini poursuivi en énumérant une litanie de crimes de guerre israéliens : les forces israéliennes ont tiré sur les blessés et sur ceux qui leur portaient secours. Des torpilleurs israéliens ont tiré sur les soldats du feu, réduisant leurs lances en charpie. 
"Les mêmes torpilleurs ont tiré sur les radeaux de sauvetage de l’USS Liberty", a-t-il expliqué "après que ces radeaux aient été déposés sur la mer aux côtés du Liberty, et qu’ils étaient prêts à être utilisés par les survivants naufragés".

L’attaque israélienne fut une violation des conventions de Genève réglementant la conduite de la guerre, a fait observer Lentini. Mais les agissements de son propre gouvernement, qui allaient s’ensuivre, sont tout aussi insupportables que l’offense originelle d’Israël. 
"Pourquoi les Etats-Unis ont-ils donné la précellence à des intérêts étrangers sur nos propres intérêts nationaux ?" s’est-il interrogé.

Ken Halliwell, un ingénieur en télécommunications et en systèmes d’information en préretraite, a été troublé en découvrant les photos utilisées par Cristol dans son livre, en particulier la photo de couverture, a-t-il indiqué. Alors il a joué au détective. 
Utilisant la cane du rescapé Warren Haney en guise de règle improvisée de conférencier, il a montré à l’auditoire la preuve que les clichés de Cristol ont été traficotés.

Après qu’il eut présenté ses découvertes à ce sujet à un archiviste de l’armée israélienne, expliqua Halliwell, ce responsable officiel convint que les photos de Cristol, que ce juge liquidateur affirmait avoir été prises par la caméra de tir de l’avion qui dirigea l’attaque israélienne, étaient des faux. 

Ces photos sont en réalités des clichés américains, outrageusement retouchés, d’un bâtiment au mouillage, a expliqué Halliwell. 

Produire et utiliser des preuves controuvées afin de soutenir la cause d’Israël inscrit en doute l’affirmation de Cristol, selon qui le navire USS Liberty aurait été attaqué par erreur, conclut Halliwell.

[Après avoir décrit les terribles blessures dont lui et ses compagnons souffrent depuis des années, Larry Weavers doit être réconforté par son épouse, Pam, lors du banquet organisé par le Club de la Marine militaire.

Richard Larry Weaver, qui était de faction sur le pont du Liberty durant l’attaque, a décrit son calvaire dans un témoignage bouleversant. 
"C’était comme si le pilote fonçait droit sur moi", a-t-il dit. On ne pensait pas qu’il survivrait jusqu’au lendemain matin, a-t-il ajouté, avant de remercier du fond du coeur le Dr Richard Kiefer, le courageux chirurgien du navire (trop malade pour pouvoir assister à cette réunion), qui lui a sauvé la vie.

Weaver a expliqué qu’il n’oubliera jamais sa convalescence et sa rééducation, à l’hôpital, ni comment on a dû le transporter en fauteuil roulant pour qu’il puisse rencontrer un amiral trois étoiles, qui commença par enlever ses étoiles, après quoi il l’interrogea sur l’attaque israélienne. 
Après quoi l’amiral remit ses étoiles, disant : "Si vous dites à qui que ce soit ce qui vous est arrivé, vous serez mis en taule, et nous perdrons la clé !"

Les déserteurs, soit on les flingue, soit on les met en taule, a dit Weaver à l’assistance, médusée. "L’USS Liberty a été déserté par notre gouvernement, et cela fait trente huit ans que cela dure !"

"Depuis ce jour-là, j’ai vécu dans la douleur, jour et nuit", a-t-il poursuivi. 
"J’ai subi vingt-neuf interventions chirurgicales lourdes, au fil des années… Des fils et des filles de mes amis à bord du Liberty sont venus me demander comment était leur papa, quel genre de type c’était…" poursuivit Weaver, des sanglots dans la voix. "Chaque président, chaque gouvernement a tourné le dos à cette tragédie ; je demande au président Bush de faire quelque chose et de réparer cette terrible injustice !"

Le vice-président d’USS-LVA, Ernie Gallo, qui a travaillé à la CIA durant trente ans après l’attaque du Liberty, s’est présenté en disant : "Avant tout, je suis un Américain loyal à son pays".

Il expliqua qu’il avait choisi de commencer ainsi son intervention, parce que les survivants sont souvent réduits au silence à coups d’accusations d’"antisémitisme", pour la simple raison qu’ils disent la vérité. La présentation de Gallo s’est centrée sur la dissimulation, par les officiels américains, de l’attaque menée par Israël contre son navire. 
"Pourquoi les avions américains ont-ils été rappelés à leurs bases, pourquoi n’ont-ils pas été autorisés à nous porter secours ? Pourquoi le Congrès n’a-t-il jamais enquêté sur l’attaque", a demandé Gallo, se tournant vers les journalistes.

"Nous pensons que le gouvernement américain est au service du peuple et qu’il vient du peuple", observa-t-il. "Mais quand il s’agit du Moyen-Orient et de nos relations avec Israël, notre pays viole délibérément ses propres lois et falsifie ses archives !"

Après toutes ces années, a dit Gallo, la vérité continue à être étouffée. La plupart des documents sont tombés dans le domaine public ; ils ont été déclassifiés, après le délai normal des vingt-cinq ans, a-t-il noté. 

Mais jusqu’à aujourd’hui, beaucoup de documents demandés aux services d’archives par des survivants sont occultés, ou encore non communiqués, parce qu’ils restent top secret. 

Le panel de discussion organisé sur l’attaque en janvier 2004 par le Département d’Etat [équivalent des Affaires étrangères, aux Etats-Unis, ndt] n’a pas même daigné associer ne serait-ce qu’un seul rescapé !

"Impossible de qualifier ce dont nous avons été les témoins et les victimes d’accident", a-t-il affirmé. "Et pourtant, aucun membre de l’équipage n’a été amené à témoigner de ce qu’il avait vécu aux autorités américaines".

Gallo a lui aussi demandé qu’une enquête soit diligentée portant sur la question de savoir qui fut responsable de l’attaque dont a été victime l’USS Liberty, et pour quelle raison ? 

S’adressant aux médias présents à la conférence, il a dit : "Nous avons besoin de vous : aidez-nous à ce que notre histoire soit rendue publique !"


Voir le film "Death in the Water" – durée : 1 hr 8 min 32 sec

Ce film explique la vérité qui se cache derrière l'attaque apparemment inexplicable. 
Il donne une reconstitution dramatique des événements et interviewe d'anciens officiers des forces armées et des renseignements américains et israéliens dirigeants qui ont décidé de donner leur propre version des événements dont Robert Mc Namara, le Secrétaire d'Etat à la Défense du Président Lyndon Johnson, l'amiral Shlomo Errell, l'ancien chef de la marine israélienne et des membres de l'équipage de l'USS Liberty...

Lien connexe:

L'attaque israélienne contre l'USS Liberty le 8 juin 1967


Source : Washington Report

Traduction : ISM (Marcel Charbonnier)

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