lundi 2 juin 2014

Hamon gêné par les ABCD de l'égalité


Selon nos informations, le prérapport des inspecteurs de l'inspection générale de l'Éducation nationale chargé de l'évaluation des ABCD évoque un bilan mitigé. Ce projet pédagogique ne devrait pas être généralisé.


L'ABCD de l'égalité expérimenté dans une classe de moyenne section d'une maternelle de Neuilly-Plaisance, en Seine-Saint-Denis, en janvier dernier. «On verra ce que l'on peut tirer de ce machin…» Voilà les mots employés par Benoît Hamon à l'égard des fameux ABCD de l'égalité, face à des représentants syndicaux reçus peu après son arrivée Rue de Grenelle. Prudence toute, donc, sur ce dossier miné, sur lequel son prédécesseur Vincent Peillon a brillé par sa maladresse.


Lancés conjointement en janvier 2014 par le ministre de l'Éducation nationale et sa collègue aux Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, dans 10 académies volontaires - soit plus de 600 classes concernées, de la grande section de maternelle au CM2 -, pour «transmettre dès le plus jeune âge la culture de l'égalité et du respect entre les filles et les garçons» et «déconstruire les stéréotypes de genre», est-il expliqué sur le site du ministère de l'Éducation nationale, l'initiative a suscité une vive controverse. Lors du lancement, les deux ministères avançaient «une généralisation progressive» si l'évaluation du dispositif se révélait concluante.
Selon nos informations, le prérapport de l'inspection générale de l'Éducation nationale évoque un bilan mitigé dans certaines académies. D'abord parce la contestation vis-à-vis du dispositif a pu placer les enseignants en porte-à-faux. La question des limites entre ce qui relève de l'école et de la famille s'est clairement posée. «Les enseignants ont évoqué leurs difficultés à se positionner par rapport à ce conflit de légitimité», explique un inspecteur général du primaire qui a pu échanger avec des membres de la mission. «Pour le monde enseignant, ce dispositif a beaucoup trop été mis en avant par Najat Vallaud-Belkacem, alors même que la question de l'égalité entre les filles et les garçons est déjà inscrite aux programmes», poursuit-il. Le bilan serait aussi mitigé au regard du manque de formation des enseignants sur la question.

«Pas question de généralisation»

Le 3 juin, Benoît Hamon devrait réunir les inspecteurs d'académie et inspecteurs de l'Éducation nationale des départements où ont eu lieu ces expérimentations pour faire le bilan et déterminer la suite des événements. «Il serait question de refiler le bébé au conseil supérieur des programmes», indique un ancien cadre de l'Éducation nationale. Installée en octobre 2013 par Vincent Peillon, cette structure travaille à l'élaboration des nouveaux programmes, de la maternelle au collège. «Dans les circonstances actuelles, on ne va pas souffler sur les braises, poursuit-il. On se dirige vers une nouvelle année d'expérimentation, mais il ne serait pas question de généralisation.»

C'est ce que semble indiquer entre les lignes la circulaire de rentrée 2014, publiée le 22 mai dernier. «Les projets pédagogiques visant à lutter contre les discriminations et à prôner le respect et l'égalité (entre les filles et les garçons, NDLR) sont encouragés. Le cas échéant, les évaluations de ces dispositifs permettent de définir les conditions de leur développement», explique le document qui se garde bien de reprendre l'appellation «ABCD». Entre un passage en force, qui pourrait réveiller les polémiques autour du genre, et un enterrement des ABCD, que son propre camp vivrait comme une nouvelle reculade après l'abandon de la loi famille, le ministre de l'Éducation est tenu d'emprunter une troisième voie. Officiellement tout au moins.

«Un recul n'est pas envisageable», indique en effet le «dossier ministre», un document de 378 pages, remis par la Direction générale de l'enseignement scolaire à Benoît Hamon dans les jours qui ont suivi sa nomination, dont l'express.fr a révélé des extraits le 30 avril. Parmi les «dossiers à suivre», le document mentionne l'extension des ABCD de l'égalité et rappelle la polémique suscitée, notamment avec les «journées de retrait de l'école» (JRE) orchestrées en janvier par Farida Belghoul. «Malgré le succès très inégal de ces JRE, ce que ce mouvement a révélé de la méfiance nourrie parfois à l'encontre de l'école incite à la plus grande prudence, notamment dans la manière dont les annonces relatives à la poursuite de l'expérimentation de l'ABCD de l'égalité seront faites.»

Source:
Le Figaro

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