dimanche 7 septembre 2014

Le cessez-le-feu en ex-Ukraine n'aura duré que quelques minutes



Quelle belle arnaque! Comme on pouvait s'y attendre, le gouvernement ukrainien n'a pas respecté sa parole, réitérant le mensonge du précédant cessez-le-feu. Dans le même temps, on apprends que Washington, Paris, Rome, Varsovie et Oslo livreront des armes à ces escrocs.  (On apprend le jour d'après qu'ils ont tous réfuté cette information donc soit l'Ukraine a prit ses rêves pour des réalités soit ce sont tous des menteurs, les deux options se tiennent). Forcément, s'ils sont capables d'armer des djihadistes, il est logique qu'ils arment un gouvernement qu'ils ont eux même mis en place. Car rappelons que Iatseniouk a non seulement participé à une réunion de la commission trilatérale en Octobre 2013, quelques mois à peine avant le coup d'état de Maïdan; mais il a été placé à son poste de premier ministre de l’aveu même de Victoria Nuland.

 Quand à Porochenko, d'après des câbles diplomatiques, les américains l'appellent "notre insider". Le gouvernement ukrainien est donc bien aux ordres des américains, les même qui disaient ne pas croire au cessez-le-feu d'ailleurs. Par contre, ils croient visiblement à la poursuite de la guerre et au fait de l'alimenter de plus belle et sous toutes les coutures possible. Voilà deux nouvelles bien plus fâcheuses que les exercices "Rapid Trident" de l'OTAN qui se tiendront à près de 900km de la frontière russe je le rappelle. Espérons que le cessez-le-feu arrive tout de même à se mettre en place car, après plusieurs mois de conflits, ce n'est pas forcément évident. La crainte également est que cette trêve soit en fait juste suffisante pour que l'armée régulière reprenne des forces et soit mieux armé puis que les combats reprennent de plus belle. C'est une possibilité vu qu'aucun problème n'est réglé, chacun campant sur ses positions. Comme de toute évidence les Etats-Unis se fichent bien de négocier et d'arriver à une paix durable, cela s'annonce plutôt tendu. Fawkes


Avant même l'heure convenue, tandis que le président Porochenko revenait au sommet de l'OTAN à Newport où il avait déclaré quelques heures plus tôt à l'antenne de la BBC qu'il n'était pas question que l'Ukraine retire ses troupes du Donbass (ce qu'il allait pourtant signer à Minsk), son premier ministre Yatseniouk exprimait qu'un cessez-le-feu signé sous le patronage de la Russie ne valait rien. C'est d'ailleurs ce que laissaient entendre les Etats-Unis en refusant de venir parrainer les négociations et la signature à Minsk aux côtés de la Russie et de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe, ainsi que l'Union Européenne en annonçant une escalade des sanctions contre la Russie qui avait réussi à faire asseoir, et signer, les parties en conflit. Le message des grandes puissances occidentales au régime installé par le coup d'état du 22 février est clair : il doit continuer l'agression contre le sud, même si son armée a été défaite. 

Puis, apparemment juste le temps de demander à Kiev la conduite à tenir, de six minutes après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu dans certains cas, à deux heures voire plus dans d'autres cas, partout les bombardements ou les attaques de la part de l'armée kiévienne ont repris (Donesk, Gorlovka, Marioupol, Makeyevka, Yassinovataya...), et avant la fin de la nuit le commandement de Novorussie était assailli de messages urgents selon lesquels "dans ma zone l'ennemi ne respecte pas la trêve, dois-je reculer ?" Aussi, après une journée d'intenses tractations pour savoir si le message du "gouvernement" à ses forces était bien passé, donc après une nuit et une journée de cessez-le-feu unilatéral de la part de la Novorussie dont les deux villes principales n'ont pas cessé d'être bombardées en dépit du prétendu cessez-le-feu, il est décidé d'autoriser la riposte partout où le cessez-le-feu est violé par l'armée dite ukrainienne. 

A Marioupol, où la résistance a d'abord passivement regardé les troupes d'occupation se redéployer puis ouvrir le feu sur tout le front, la riposte est désormais en cours donc le cessez-le-feu sera imposé par la force, lors de la libération de la ville. En termes tactiques une force de 2000 hommes en position défensive peut résister à une force assaillante de 5 ou 6000, à plus forte raison en zone urbaine (on l'a vu récemment à Donetsk et Lougansk), à plus forte raison quand elle a le temps de préparer sa défense ferme (se retrancher et construire des obstacles), et à plus forte raison encore quand l'attaquant est très prudent pour éviter des pertes civiles dans sa propre ville qu'il vient libérer, donc en termes tactiques les occupants de Marioupol devraient pouvoir tenir plusieurs mois. Mais les bataillons para-militaires des partis néo-nazis (Svoboda et Pravy Sektor), comme le bataillon Azov partiellement recruté par le fier exterminateur de prisonniers Gaston Besson, même s'ils sont mieux équipés et armés que les forces novorusses voire que l'armée régulière ex-ukrainienne, ont démontré avoir peu de savoir-faire tactique, et de plus la population de la ville est en très grande majorité, sinon en totalité (après le départ précipité des autorités kiéviennes le 27 août), favorable à l'armée novorusse qui vient chasser l'occupant kiévien... Sauf intervention extérieure (qui ne pourra pas venir de Kiev) il serait surprenant que ces milices paramilitaires résistent plus d'une semaine avant de se rendre piteusement. 

De son côté la Novorussie a commencé, comme prévu dans l'accord, à libérer et renvoyer les prisonniers ukrainiens, sans réciproque jusqu'à présent. 

Évidemment aucun pays occidental ne condamnera la violation de la trêve puisque l'OTAN était contre sa signature.


Lien connexe:

Ukraine, trêve déjà violée et nerfs tendus



Source: stratediplo


4 commentaires:

  1. Que l’UE, l’OTAN ou les USA condamnent ce qu’ils veulent cela n’a aucune espèce d’importance pour Moscou qui sait pertinemment à quoi s’en tenir avec ses « partenaires ». Tout ce théâtre n’est destiné qu’à la propagande. A usage interne du côté occidental qui tient à garder sous contrôle les opinions publiques européennes en proie au doute et de plus en plus mal à l’aise avec les conséquences qui découleront pour elles de nouvelles dégradations de la situation en Ukraine. A usage national, mais aussi international pour la Russie dont l’objectif est de présenter en puissance responsable qui pourrait si elle ne faisait pas preuve de sang-froid entraîner l’Europe et même le monde dans une guerre incontrôlable. Diabolisé d’une façon infantile par les médias occidentaux, Poutine apparait sous un tout autre jour à une bonne partie de la population de la planète, mais celle-là ne compte pas pour CNN qui est incapable de situer la plupart des pays du globe sur une carte.
    Sur le plan militaire on va vers la partition du pays sur les lignes que j’avais exposé au mois de mai. Avec l’aide des groupes de résistance qui se manifestent de plus en plus ouvertement dans les zones russophones de l’Ukraine, les forces armées novorossiennes vont tenter progressivement de s’assurer des positions stratégiques défendables en cas de retour en force des troupes de Kiev. En gros, une ligne de défense le long de la rive gauche du Dniepr, de la Psel, affluent du Dniepr selon un axe Soumy /Poltava, et le long du canal de dérivation du Dniepr à la Crimée. Bien sûr tout dépendra d’un côté de la résistance de l’armée ukrainienne dans certaines zones, de l’ampleur et de l’efficacité des renforts en mercenaires de l’OTAN ; de l’autre côté, de l’arrivée en quantités suffisantes d’armement, de soutien logistique et de combattants pour les forces du Donbass.
    Indéniablement, le temps joue actuellement en faveur des Novorissiens : dans quelques semaines ils recevront les renforts du général Hiver : la météo bien sûr, mais également les débuts de l’effondrement systémique du système socio-économique de l’Ukraine. Il se pourrait bien que pour Noël on soit devant un chaos qui fera regretter la Yougoslavie…

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  2. Si tout ce problème est le rattachement de l'Ukraine à l'europe (ressource de gaz), pourquoi la Russie ne leur laisse pas ce territoire?
    C'est toujours mieux qu'une guerre mondiale et des sanctions à n'en plus finir.
    Tout rentrerait dans l'ordre on va dire.

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    1. Non je pense pas car ce n'est pas l'Ukraine qui est visée. Au delà de cela, c'est bien une lutte pour rester seul mettre à bord que veut le gouvernement US. Les américains sentent que leur toute puissance leur échappe alors que les BRICS prennent du poids et que leurs mensonges commencent à faire tache.

      Si la guerre en Ukraine s'achevait, je pense qu'ils passeraient à l'étape suivante en tentant la révolution orange en Russie. C'est ce qui marche le mieux, ça les met en position de force et ils ont déjà dit qu'ils voulaient se lancer dans ce type d'opération dans leur loi anti-russe dite de protection en commençant à déstabiliser le pays. La loi n'est pas encore passée mais ils n'ont jamais eu besoin de cela jusque là.

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  3. c est toujours bon a savoir
    http://lejournaldusiecle.com/2014/03/03/ukraine-lamericain-exxonmobil-exploitera-les-hydrocarbures-de-la-mer-noire/

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