samedi 28 février 2015

L'Agence France Propagande dans ses œuvres: Le cas Jacques Myard en Syrie



Le député UMP Jacques Myard, l'un des quatre parlementaires à s'être rendus à Damas, a publié un communiqué de presse pour critiquer ouvertement la politique hypocrite du gouvernement français qui combat le terrorisme dans certaines parties du monde et le soutient dans d'autres comme en Syrie. 

Plutôt que de communiquer sur ce point ou de publier l'ensemble du communiqué, l'AFP a préféré faire un article à sa sauce qui passe totalement sous silence ces critiques. Par contre, elle reprend en titre principal une parti du communiqué qui, prise hors contexte, sonne comme un avertissement, une provocation du gouvernement syrien (Syrie: pour Myard, exiger le départ de Bachar al-Assad installera «le chaos»).


 En lisant le communiqué, on comprend qu'il s'agit de tout autre chose mais une fois passé par la moulinette de l'AFP, le message initial est dénaturé, ce qui est finalement tellement régulier et prévisible. Voici donc d'abord le communiqué de l'AFP puis celui Jacques Myard qui n'a été publié que sur les médias alternatifs. A chacun de voir s'il n'y a pas un "léger décalage" entre les deux.

Alors que cette initiative pacifique aurait pu être louée, Manuel Valls n'a rien trouvé de mieux que de qualifier cette rencontre avec un "boucher" (Al Assad) de "faute morale".

VERSION AFP:

Le député UMP Jacques Myard a expliqué vendredi que ses interlocuteurs en Syrie lui ont dit que si la France continuait de vouloir le départ du président syrien Bachar al-Assad "le chaos (s'installerait) sur tout le Proche Orient".

"L'ensemble de nos interlocuteurs nous ont clairement indiqué que si la France continue à exiger le départ de Bachar au motif qu'il est infréquentable, la Syrie éclatera car il est le seul à pouvoir maintenir l'unité de l'armée, le Liban sera balayé, le chaos s'installera sur tout le Proche et Moyen Orient", écrit le député dans un communiqué dans lequel il détaille le déroulé du déplacement controversé en compagnie de trois autres parlementaires. Le fait qu'ils aient rencontré le président syrien a suscité l'ire de l'exécutif français.

De l'ensemble "des prises de contact" et "entretiens", M. Myard retient par ailleurs qu'il "n'existe pas à ce stade de possibilité de victoire militaire sur le terrain d'une partie ou de l'autre" et que "seul un règlement politique peut ramener la paix".

Outre un "hôpital", les parlementaires ont visité "une ancienne école qui accueille 40 familles de réfugiés", "rendu visite au centre sanitaire du Croissant Rouge", "rencontré la responsable de la Croix Rouge, Mariam Gasser".

Ils ont aussi "visité le Lycée Charles-de-Gaulle où malgré l'adversité, 250 enfants franco-syriens, continuent à apprendre le français dans des conditions périlleuses, deux roquettes étant tombées sur cet établissement sans faire heureusement de morts. Le lycée ne reçoit plus de subsides du gouvernement français: c'est inadmissible", a indiqué M. Myard.

"De plus, à l'hôtel où nous étions nous avons rencontré une délégation américaine dirigée par l'ex-Attorney-General à la Cour Suprême, Ramzy Clark ce qui prouve qu'il existe bien des contacts certes indirects avec les Américains", a aussi souligné le député.

Il précise dans ce communiqué que le déplacement "a été organisé avec le concours d'un certain nombre de personnes connaissant bien le Proche Orient et ayant des cabinets de consultants pour les entreprises françaises au Liban et en Syrie".

27/02/2015 20:28:08 - Paris (AFP) - © 2015 AFP


VERSION Jacques Myard

J’ai effectué avec trois parlementaires de l’Assemblée Nationale du groupe amitié France-Syrie, un voyage à Damas du 23 au 26 février. Ce voyage a été organisé avec le concours d’un certain nombre de personnes connaissant bien le proche orient et ayant des cabinets de consultants pour les entreprises françaises au Liban et en Syrie.

Ce voyage a suscité la colère des plus hautes autorités de l’Etat. Si le sujet n’était pas sérieux, je pourrais en rire. En effet, la diplomatie n’est pas l’art de parler qu’avec ses amis mais d’essayer de trouver des solutions politiques à une guerre civile qui a déjà fait plus de 200 000 morts.

Camper sur des postures dites morales, la main sur le cœur et refuser d’agir en prenant en compte les réalités est 100 fois pire qu’une faute morale. C’est une faute politique géostratégique qui ne peut aboutir qu’à la continuité de la guerre civile, avec son cortège d’horreurs.

Nous avons rencontré sur place du côté des autorités gouvernementales, le Président du Parlement, Jihad Allaham, le ministre des Affaires Etrangères ,Walid Moallem, le Vice- Ministre des Affaires Etrangères, le docteur Ayman SOUSSAN francophone, ainsi que l’Ambassadeur de Syrie à Beyrouth et nous avons été reçus à dîner par le grand Mufti, Ahmad Badr Al Din Hassoun, entouré du patriarche catholique Grégorius III et du patriarche Grec Orthodoxe, Ignace IV Hazim. Les deux patriarches chrétiens nous ont fait part de leur soutien à la politique du gouvernement.

Nous avons rencontré également Sœur Agnès Mariam de la Croix, de manière inopinée, dans le hall de l’hôtel. Nous avons visité un hôpital généraliste où nous avons malheureusement vu des fillettes entre la vie et la mort. Il nous a été indiqué qu’il y avait un embargo sur les médicaments et les pièces de remplacement des équipements médicaux.Ce n’est pas acceptable .

Nous avons visité une ancienne école qui accueille 40 familles de réfugiés, rendu visite au centre sanitaire du Croissant Rouge où nous avons pu obtenir des informations intéressantes sur la situation sanitaire, rencontré la responsable de la Croix Rouge, Mariam Gasser, visité le Lycée Charles de Gaulle où malgré l’adversité, 250 enfants franco-syriens, continuent à apprendre le français dans des conditions périlleuses, deux roquettes étant tombées sur cet établissement sans faire heureusement de morts. Le lycée ne reçoit plus de subsides du gouvernement français : c’est inadmissible.

De plus, à l’hôtel où nous étions nous avons rencontré une délégation américaine dirigée par l’ex-Attorney-General à la Cour Suprême, Ramzy Clark ce qui prouve qu’il existe bien des contacts certes indirects avec les Américains. De l’ensemble de ces prises de contact et aussi des entretiens que nous avons eus avec des responsables libanais à Beyrouth, très inquiets de la situation en Syrie, je retiens les éléments suivants à l’exclusion de notre conversation avec Bachar Al Assad dont je rendrai compte personnellement par écrit au Président de la République.

1) Il n’existe pas à ce stade de possibilités de victoire militaire sur le terrain d’un parti ou de l’autre. Le gouvernement tient une grande partie du pays (60 % ? ) mais il existe toujours des zones d’insécurité y compris dans le voisinage de Damas. Les terroristes syriens seraient entre 50 et 80 000 selon diverses sources.

2) L’ensemble de nos interlocuteurs nous ont clairement indiqué que si la France continue à exiger le départ de Bachar au motif qu’il est infréquentable, la Syrie éclatera car il est le seul à pouvoir maintenir l’unité de l’armée, le Liban sera balayé, le chaos s’installera sur tout le Proche et Moyen Orient.

3) Seul un règlement politique peut ramener la paix. A ce titre, il convient de relever :

Que Damas a donné son accord pour un cessez le feu de 5 semaines au représentant de Benkimoun. Stéphane de Mistoura négocie avec 5 groupes d’insurgés à Alep,
Qu’il y a eu récemment des négociations directes entre le gouvernement de Damas et des opposants à Moscou,

Que le gouvernement a mis en place un comité de conciliation nationale avec des députés Kurdes qui « déclarent leur volonté de rester dans la patrie syrienne ».
L’amnistie a été accordée à des terroristes repentis qui ont déposé les armes. Il est évident qu’au-delà des postures qui ne font en rien avancer la sortie du conflit, il faut des initiatives pour avancer à petits pas. Le point n’est pas de savoir si on aime ou pas Bachar, il est un élément du conflit incontournable. Exiger son départ, c’est à coup sûr, poursuivre une guerre civile pendant des années.

4) Droits de l’Homme : j’avais avec moi une dépêche AFP mentionnant que des défenseurs de la liberté d’expression, membres du centre syrien pour les médias, étaient emprisonnés. J’ai donné cette liste au Vice-Ministre des Affaires Etrangères en disant qu’il serait bien de faire un geste. Sur ce point précis, j’en ai personnellement parlé à Bachar Al-Assad lors de notre entretien.

De retour à Beyrouth, mercredi soir dans la nuit, j’ai appris qu’Ulaï Hussein avait été libéré sous caution. Je n’ai pas la prétention de dire que c’est à la suite de mon intervention mais je le constate.

La France doit urgemment changer de politique en Syrie. Certains experts dénoncent l’incohérence de la France dans la lutte contre les terroristes. Nous luttons contre eux au Sahel, au Mali, au Nord Nigéria, en Irak, mais nous avons une politique confuse et brouillée en Syrie. Je rappelle qu’à l’Assemblée Nationale, Alain Marsaud a montré aux députés des fusils Famas, livrés à l’ opposition dite modérée et qui se sont retrouvés dans les mains d’Al Nosra.

Tous nos interlocuteurs, au-delà du cercle gouvernemental, ont dénoncé le double langage et la complicité de l’Arabie Saoudite, du Qatar et de la Turquie, ce dernier pays commerce avec Daech et lui permet ainsi d’avoir des subsides financiers importants.

5) Un dernier point : nous avons appris qu’un gouvernement arabo-musulman emblématique devrait établir prochainement des relations diplomatiques avec Damas…..

A suivre !

Jacques Myard, 
Député de la Nation


Publié par Fawkes News

1 commentaire:

  1. Cette vidéo prouve la teneur des propos censurés par l'AFP:

    https://www.youtube.com/watch?v=MTIQ-0PumEU

    RépondreSupprimer

Charte des commentaires:

Les personnes ne souhaitant pas utiliser de compte peuvent commenter en anonyme mais merci d'indiquer un pseudo en début de commentaire pour faciliter la compréhension des échanges. Cette possibilité est en test sur le blog.

Pas de spams, d'insultes, de discriminations, de provocations stériles, de prosélytisme religieux à outrance, d'appels à la haine, à la violence ou d'apologie du terrorisme. Les commentaires ne sont pas un défouloir et ce blog n'est ni un tchat ni un forum. Les commentaires sont là pour apporter quelque chose au débat. Les trolls ne sont pas les bienvenus.

Les liens externes sont acceptés s'ils sont en rapport avec le sujet de départ. Les HS sont exceptionnellement tolérés s'ils relèvent d'un sujet connexe ou pertinent vis à vis du sujet de départ. La modération est parfois activée, parfois non selon les disponibilités de l'administrateur. Dans tous les cas, inutile de reposter vos commentaires, ils seront validés en temps voulu.

A chacun d'y mettre du sien afin de permettre d'échanger et de débattre dans le respect de chacun.

Réseau Pédophile de l'Elite

Médias citoyens

Rechercher dans ce blog

Inscription à la newsletter

Archives du blog