mardi 5 mai 2015

ONG : Les soldats israéliens «ont tiré délibérément» sur les civils lors de la guerre de Gaza


Les soldats israéliens ont reçu pour ordre de «tirer sur chaque personne que vous voyez» alors que des régions civiles ont été prises pour cibles avec des armes inappropriées lors la guerre de Gaza, mentionne le rapport de l’ONG Breaking the Silence.

L’ONG Breaking the Silence dirigée par d’anciens soldats israéliens a interrogé plus de 60 militaires de l’aviation, de la marine et de l’armée de terre de Tsahal au cours des huit mois qui ont suivi l’opération «Bordure protectrice». Les résultats ont été compilés dans un rapport de 237 pages.



Ce dernier donne une image bien différente de la version officielle israélienne qui affirme avoir pris grand soin d’éviter de faire des victimes parmi les civils. Ceux qui critiquent les agissements de l’armée israélienne lors de la guerre de Gaza affirment que Tsahal a répondu de façon disproportionnée aux attaques de roquettes du Hamas.

Les témoignages rassemblés par Breaking the Silence mentionnent des cas où certains soldats ont abattu des civils mais aussi que les chefs militaires israéliens ont pris des décisions qui allaient entraîner des morts alors que d’autres options étaient possibles.

«Le principe militaire directeur du "risque minimum pour nos forces, même si cela doit faire souffrir des civils innocents", ainsi que les actes de dissuasion et d’intimidation contre les Palestiniens ont entraîné des dommages sans précédent pour population et pour les infrastructures civiles de la bande de Gaza. Des responsables politiques auraient pu prévoir ces résultats avant l’opération et en étaient bien conscients lors de son déroulement», indique le rapport.

Le rapport révèle que les soldats ont été instruits du fait que n’importe quelle personne se trouvant dans la zone de combat devait être considérée comme un ennemi. Et le commandement leur a ordonné de tirer sur quiconque se trouvait dans la zone de combat, révèle l’ONG.

En savoir plus : Les Nations Unies accusent Israël d’avoir attaqué les écoles pendant la guerre à Gaza

Un soldat a confié que la règle de base était de ne pas tirer sur les forces de Tsahal. «Dès le début, ils nous ont dit : "Tirez pour tuer" car pour Tsahal aucun civil n’aurait dû se trouver là», a-t-il expliqué.

Un autre soldat a partagé la consigne qu’il avait reçue. «"Si vous croyez que c’est un homme, tirez ! " C’était simple : "Vous êtes dans une p*** de zone de combat qui a été bombardée quelques heures avant votre arrivée, si voyez quelqu’un qui n’a pas l’air complètement innocent, tirez !"».

La bande de Gaza est l’une des zones les plus densément peuplées de la planète. 1,8 millions de personnes habitent une zone de 40 kilomètres de large sur 10 kilomètres de long. La guerre de Gaza a commencé le 8 juillet 2014 et a duré 7 semaines, les points de passage entre Gaza, Israël et l’Egypte avaient alors été fermés.

Les Israéliens ont également affirmé que les immeubles ciblés par les bombardements recevaient un avertissement avant être détruits. Une assertion contestée par le rapport de Breaking the Silence. Surnommé «frappe à la porte», un petit missile ne causait que des dommages légers, permettant aux civils de sortir avant que le bâtiment ne soit complètement détruit. Pour les Israéliens, la mise en œuvre de cette tactique est la preuve que Tsahal a fait tout son possible pour limiter au maximum les victimes civiles, mais en pratique, cela n’a pas toujours été le cas.

«Je me rappelle d’un immeubles de cinq ou six étages à Khirbet Khuza’a. Des militants s’y étaient rassemblés pour une réunion. Le chef de la cellule était là. La décision a été prise de «frapper le toit de l’immeuble…et de larguer une bombe tout de suite après», a révélé un soldat.

Selon lui, «tout de suite après» signifiait «entre 30 secondes et une minute, pas suffisant pour évacuer».

En savoir plus : Un adolescent palestinien armé d’un couteau de boucher abattu par des soldats israéliens

Breaking the Silence a aussi condamné Tsahal pour avoir utilisé des armes trop imprécises, comme des obus de mortier, avec lesquels il est impossible de viser correctement et c’est pour cette raison que les dommages collatéraux sont inévitables.

«Dans la pratique, lors de bombardements d’artillerie d’avertissement, l’armée israélienne visait des zones peuplées tout le long de la bande de Gaza pour effrayer les combattants de l’ennemi qui se trouvaient dans la région et parfois aussi pour inciter les populations civiles à fuir», décrypte le rapport.

Environ 2 200 Palestiniens ont été tués, dont la plupart étaient des civils, lors du conflit de Gaza l’année dernière. Du côté israélien, on a déploré 66 morts parmi les militaires et sept parmi les civils.

Breaking the Silience estime que ses révélations justifient la tenue d’une enquête indépendante sur ce conflit.

De son côté, Tsahal, qui a lancé plusieurs enquêtes internes après la guerre de Gaza, a publié un communiqué qui indique que «Breaking the Silence refuse de fournir les preuves de ses accusations».

Benny Grantz, commandant en chef de l'opération Bordure protectrice, a refusé de commenter le rapport de Breaking the silence mais a défendu les actes de ses soldats. Il les a qualifiés de «légaux» et a prévenu qu’un prochain conflit serait plus sanglant encore, en raison des difficultés toujours plus importantes à distinguer les combattants palestiniens des civils.

Source: RT


Gaza: des soldats israéliens accusent l’armée d’usage indiscriminé de la force


Deux femmes tuées

Un soldat raconte que deux femmes marchant dans un verger avaient été repérées puis tuées simplement parce qu'elles étaient trop près des lignes israéliennes.

Après inspection des corps, il s'est avéré qu'elles n'étaient pas armées. "Elles ont quand même été listées comme terroristes. On leur avait tiré dessus, alors évidemment elles devaient être des terroristes", affirme le soldat amer.

Un viellard abattu

Un autre sergent relate comment un garde a ouvert le feu sur un vieux Palestinien approchant son poste parce qu'il redoutait qu'il ne se fasse exploser avec des grenades. Le vieillard atteint se tordait de douleur. Personne n'osait l'approcher de crainte que son corps ne soit piégé, dit le sergent.

"Tout le monde savait qu'il n'y avait que deux possibilités: soit nous le laissions mourir doucement, soit nous mettions fin à ses souffrances". Les soldats l'ont finalement achevé.

Un autre sergent raconte comment son unité blindée a lâché une salve contre un immeuble au loin sur ordre de son commandant pour rendre hommage à un soldat tué.

Le document fait aussi état d'agressions, de pillage, de racisme et de vandalisme aux dépens des civils palestiniens. La conduite de la guerre "suscite de graves doutes sur la morale" de l'armée d’occupation israélienne, dit-il.

Le document est publié alors que les agissements des soldats israéliens pendant la guerre de juillet-août 2014 continuent d'être examinés à la loupe par l'ONU, par les Palestiniens qui veulent faire juger les dirigeants israéliens par la justice internationale pour crimes de guerre.

Le cofondateur de "Briser le silence", Yehuda Shaul, a indiqué à l'AFP que l'organisation avait écrit le 23 mars au chef d'état-major pour proposer une rencontre et qu'elle aurait été "plus qu'heureuse" de partager ses informations. "Malheureusement, nous n'avons jamais obtenu de réponse", a-t-il dit.

Sourcd: Extraits de Almanar

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