lundi 9 novembre 2015

Washington se prépare à la Troisième Guerre mondiale



En complément de l'article, voici quelques déclarations que le Secrétaire de la Défense des États-Unis, Ashton Carter, a adressé ce weekend lors d'une conférence en Californie. Vous allez voir que le ton est donné. Il est allé jusqu'à considérer la Russie et la Chine comme des potentiels menaces à l'ordre global (en clair, à la domination américaine):

"Nous ne cherchons pas à provoquer une guerre froide, et encore moins chaude, avec la Russie. Nous ne cherchons pas à faire de la Russie un ennemi mais ne vous méprenez pas: Les États-Unis comptent défendre leurs intérêts, leurs alliés et l'ordre international de principe, et l'avenir positif qu'il nous offre." On peut déjà pleinement mesurer cet avenir radiant avec toutes les guerres en cours et la vassalité totale des pays européens vis à vis de leur mentor américain. C'est sûr, ça promet un avenir très positif. Cette déclaration est pleine de non sens car pour le gouvernement américain, s'attaquer à leur hégémonie revient automatiquement à devenir un ennemi. La déclaration suivante le confirme.

"Certains acteurs semblent avoir l'intention d’éroder les principes de l'ordre international qui aide à les faire respecter" (voici ces principes d'après lui: la résolution pacifique des différends, Etre à l'abris de la coercition, le respect de la souveraineté de l'Etat, et la liberté de navigation...autant dire que les Etats-Unis s’assoient royalement sur ces principes.  "Des organisations terroristes comme l'EI, bien sûr, se tiennent entièrement opposées à nos valeurs. Mais d'autres défis sont plus complexes, et compte tenu de leur taille et de leurs capacités, sont potentiellement plus dommageable." Carter n'hésite donc pas à mettre dans le même lot, l'EI, la Chine et la Russie. Tout un programme.

"Bien sûr, ni la Russie ni la Chine ne peuvent renverser cet ordre," a-t-il dit. "Mais tous les deux tentent actuellement de le défier."

Il a accusé la Russie de provoquer des troubles en Europe et au Moyen-Orient. Un comble!

"En Europe, la Russie a violé la souveraineté de la Géorgie et de l'Ukraine et a activement essayé d'intimider les Etats baltes," a-t-il dit. "Pendant ce temps, en Syrie, la Russie a jeté de l'huile sur le feu sur une situation déjà dangereuse, prolongeant une guerre civile qui alimente l'extrémisme auquel la Russie prétend être opposée." Fawkes
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Le complexe militaire et du renseignement américain est engagé dans des préparatifs systématiques pour la Troisième Guerre mondiale. Pour le Pentagone, un conflit militaire avec la Chine et / ou la Russie est inévitable, et cette perspective est devenue la force motrice de sa planification tactique et stratégique.

Trois audiences au Congrès américain mardi ont démontré cette réalité. Dans la matinée, le Comité des services armés du Sénat a tenu une longue audience sur la cyberguerre. Dans l’après-midi, un sous-comité du Comité des services armés de la Chambre des représentants a discuté de la taille et du déploiement actuelles de la flotte américaine de porte-avions, tandis qu’un autre sous-comité du même panel a discuté de la modernisation des armes nucléaires américaines.

Le World Socialist Web Site fournira un compte rendu plus détaillé de ces audiences, auxquelles a assisté un reporter du WSWS, mais certaines observations préliminaires peuvent déjà être faites.

Aucune des audiences n’a discuté des implications plus larges des préparatifs de guerre américains, ni de ce qu’une guerre majeure entre des puissances dotées d’armes nucléaires pourrait signifier pour la survie de la race humaine, et même pour la vie sur notre planète. Au contraire, ces audiences étaient des exemples de ce qu’on pourrait appeler la banalisation de la Troisième Guerre mondiale. Une guerre des États-Unis contre la Chine et /ou la Russie était l’hypothèse de base, et les témoignages des intervenants ainsi que les questions des sénateurs et des représentants, démocrates comme républicains, portaient sur les meilleures méthodes pour l’emporter dans un tel conflit.

Ces audiences font partie d’un processus continu. Les témoins ont parlé de leurs écrits et de leurs déclarations passés. Les sénateurs et les représentants ont fait référence au témoignage précédent d’autres intervenants. En d’autres termes, les préparatifs de la guerre mondiale, utilisant des armes cybernétiques, des porte-avions, des bombardiers, des missiles et toutes les autres armes disponibles, sont en cours depuis longtemps. Ces préparatifs ne sont pas une réponse à des événements récents, que ce soit en mer de Chine du Sud, en Ukraine, en Syrie ou ailleurs.

Chacune de ces audiences considère comme acquis un conflit majeur des États-Unis avec une autre grande puissance (parfois sans la nommer, parfois explicitement désignée comme la Chine ou la Russie) dans un laps de temps relativement court, des années plutôt que des décennies. Le danger du terrorisme sans cesse matraqué pour créer une panique de l’opinion publique, a été minimisé et dans une certaine mesure écarté. À un moment de l’audience du Sénat sur la cyberguerre, en réponse à une question directe de la démocrate Jeanne Shaheen du New Hampshire, les témoins du panel ont tous déclaré que leur plus grande préoccupation venait des États-nations, pas des terroristes.

L’un des intervenants à cette audience était le Dr Peter W. Singer répertorié comme un « stratège et collaborateur émérite » de New America, un groupe de réflexion de Washington. Il a intitulé son exposé, « Les leçons de la Troisième Guerre mondiale ». Il a commencé sa déclaration par la description suivante de ce conflit qu’il imagine :

« Des navires de guerre américains et chinois se livrent bataille en mer, usant de toutes les armes, des canons aux missiles de croisière et aux lasers. Des avions de combat furtifs russes et américains s’opposent dans l’air, avec des drones robotiques en auxiliaires. Des cyberpirates à Shanghai et dans la Silicon Valley se battent en duel sur les terrains numériques. Et les combats dans l’espace décident qui gagne dessous sur Terre. Ces scènes, sont-elles tirées d’un roman ou bien ce qui pourrait effectivement avoir lieu dans le monde réel après-demain ? La réponse est les deux ».

Aucune des audiences n’a donné lieu à un débat ​​soit sur la probabilité d’une guerre majeure ou sur la nécessité de gagner cette guerre. Personne n’a contesté l’hypothèse que la « victoire » dans une guerre mondiale entre les puissances nucléaires soit un concept sensé. La discussion a été entièrement consacrée aux technologies, aux équipements et aux ressources humaines nécessaires pour que l’armée américaine l’emporte.

Ce fut tout aussi vrai pour les sénateurs et les représentants démocrates que pour leurs homologues républicains. Selon la coutume, les deux partis sont disposés sur les flancs opposés du président du comité ou du sous-comité. Sans cette disposition, il n’y aurait aucun moyen de déterminer le parti auquel ils adhèrent, tellement leurs questions et les opinions qu’ils exprimaient se ressemblaient.

Contrairement à la représentation de Washington dans les médias comme profondément divisé entre des partis aux perspectives politiques inconciliablement opposées, il y avait un accord bipartite sur la plus fondamentale de questions, la préparation d’une nouvelle guerre impérialiste mondiale.

L’unanimité des représentants politiques du grand patronat n’implique en aucun cas qu’il n’y ait pas d’obstacles à cette marche vers la guerre. Chacune des audiences s’attaquait, de différentes manières, à la crise profonde à laquelle est confronté l’impérialisme américain. Cette crise a deux composantes principales : le déclin de la puissance économique des États-Unis par rapport à leurs principaux rivaux, et les contradictions internes de la société américaine, avec l’aliénation grandissante de la classe ouvrière et en particulier des jeunes.

Lors de l’audience du sous-comité de la Chambre des représentants sur les porte-avions, le président a fait remarquer que l’un des intervenants, un amiral haut gradé, avait exprimé sa préoccupation au sujet « d’une marine à 11 porte-avions dans un monde où il en faudrait 15 ». Il y a tellement de défis auxquels est confronté Washington, a-t-il poursuivi, qu’en réalité il faudrait en avoir 21 – le double du nombre actuel, ce qui entraînerait la faillite même d’un pays avec beaucoup plus de ressources que les États-Unis.

L’audience du Sénat sur ​​la cybersécurité a abordé brièvement l’opposition interne au militarisme américain. Le principal intervenant, le général à la retraite Keith Alexander, ancien directeur de la National Security Agency et ancien chef du CyberCommand du Pentagone, a déploré l’effet des fuites de l’ancien employé de la NSA, Edward Snowden et du soldat Chelsea Manning, déclarant que « les attaques d’initiés » étaient l’une des menaces les plus graves auxquels l’armée américaine était confrontée.

Le sénateur démocrate Joe Manchin de Virginie occidentale lui a demandé directement, en se référant à Snowden, « Faut-il le traiter comme un traître » ? Alexander a répondu, « Il doit être traité comme un traître et jugé comme tel ». Manchin hocha la tête vigoureusement, en accord évident.

Alors que les témoins et les sénateurs ont choisi d’utiliser les noms de Snowden et de Manning pour incarner « l’ennemi intérieur », ils étaient clairement conscients que l’opposition intérieure à la guerre est beaucoup plus large que ces quelques lanceurs d’alerte.

Ceci n’est pas simplement une question de la révulsion profonde chez les travailleurs en réponse à 14 ans d’interventions sanglantes impérialistes en Afghanistan, en Irak, en Somalie, en Libye, en Syrie, au Yémen et en Afrique du Nord, si importante soit-elle.

Une guerre entre les États-Unis et une grande puissance comme la Chine ou la Russie, même s’il était possible d’empêcher son escalade en un échange nucléaire tous azimuts, impliquerait une mobilisation colossale des ressources de la société américaine, à la fois économiques et humaines. Cela signifierait de nouvelles réductions spectaculaires des conditions de vie du peuple américain, combinées avec un lourd tribut de sang qui tomberaient inévitablement et principalement sur ​​les enfants de la classe ouvrière.

Depuis la guerre du Vietnam, l’armée américaine a fonctionné uniquement sur la base du volontariat, en évitant la conscription, qui a provoqué une large opposition et un défi direct dans les années 1960 et au début des années 1970. Une guerre non-nucléaire avec la Russie ou la Chine signifierait la réintroduction de la conscription et imposerait le coût humain de la guerre à chaque famille en Amérique.

Dans ces conditions, peu importe le renforcement des pouvoirs de la police et le recours à des mesures répressives contre les sentiments anti-guerre, la stabilité de la société américaine serait mise à l’épreuve. L’élite dirigeante américaine a profondément peur des conséquences politiques, et elle a raison de l’avoir.

Source: Wsws

16 commentaires:

  1. Petite précision. Quand l'article dit que Washington se prépare à la guerre mondiale, je pense qu'il ne faut pas forcément y voir quelque chose d'imminent mais un processus sur plusieurs années. ça n'engage que moi mais je crains que ça arrive dans les 5 prochaines années.

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    1. Quand on regarde tout ce qui c'est passé les 5 dernières années : ""printemps"" arabes, émergeance de Daesh (ou Dash d'après Hollande puisse qu'il faut croire qu'ils "lavent" bien la region), guerre en Ukraine, etc...
      en effet, on se rend compte que 5 ans supplémentaires suffisent surement pour que la WWIII éclate helas...

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  2. Nous, on a rien demandé la guerre c'est le choix des États-Unis et nous on a le choix c'est de dire non non non dans notre esprit et que Dieu nous entend nos plaintes et exauce nos choix.

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  3. Au fait, ce que certains considéraient comme un OVNI il y a quelques jours en Californie serait en fait le test d'un missile mer-sol balistique stratégique Trident (habituellement armé d'ogives nucléaires même si là ce n'était pas le cas) et lancé à partir d'un sous-marin nucléaire.

    https://francais.rt.com/international/9979-ovni-survole-californie-missile

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  4. ce qui me fais doucement rire pour leur histoire de missile trident, c'est que des milliers de personnes ont aperçus "l'ovni", donc déchaînement sur le web, et dans la foulé l'armée sort une histoire a la va vite de missile trident 2, tiré depuis l'USS Kentucky, sa me rappel les vieilles excuses de ballons sonde a l'époque lors des rapports de vues massif d'objets volant non identifié, je dis sa je dis rien hein, et puis, regarder un tir de missile nucléaire en nocturne, sa ne ressemble pas vraiment a ce qu'a filmé ce photographe sur le pont au moment de l'action, bref je pense que c'est encore une grosse manipulation
    Et pour ce qui est de ton article, intéressant,
    mais tu es sur pour le pentagone, car justement il y a eu des preuves récemment que le pentagone n'est plus vraiment aligné avec la maison blanche, mais qu'ils sont dans un esprit de coopération vis a vis de la chine et de la Russie, ce qui ne plait pas vraiment a certain homologue Khazar de la maison blanche.

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    1. Je ne vois pas de quelles preuves tu parle. Il y a surement des personnes isolées qui ne sont pas alignés mais d'une elle ne se voient pas dans la politique internationale US et de deux elles finissent à terme par être écartées du commandement par les purges idéologiques d'Obama. Au sommet de la chaîne de commandement, il ne reste que des sbires bien dressés et la doctrine actuelle du Pentagone est toujours la même: la guerre, la guerre et encore la guerre.

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  5. Nous venons d'apprendre le décès de Maha, du blog des Enculuminatis :

    http://www.wendy-leblog.com/2015/11/deuil-les-enculuminatis-ont-perdu-maha.html

    Wendy pratique la censure et il se pourrait que cette information soit fausse, donc si parmi vous des personnes sont restées en contact avec Maha, pouvez-vous confirmer cette information ?

    Merci.

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    1. Désolée de continuer sur ce HS, mais j'ai vu qu'un com de Françoise à ce sujet était justement supprimé sur le blog de Wendy. De quoi s'agit-il ? Fausse info ou bien info que la famille de Maha aurait souhaité ne pas voir publiée ?

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  6. http://reseauinternational.net/grande-trouille-au-pentagone-la-russie-peut-pulveriser-ses-armees/


    Je dirais plutot que les USA déclinant agitent cette menace comme un épouvantail tout en en connaissant l'état de bluff.

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  7. Les US n'ont plus rien à perdre. Pourquoi crever seul quand on peux le faire tous ensemble ? Malheureusement..

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    1. Crevons tous ensemble main dans la main (c'est beau) :D

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  8. fils de pute... troll de merde... va te faire enculer... et après trouve-toi un vrai job. minable. fawkes t'es qu'un pauvre con !

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    1. Moi aussi je t'aime :)
      Mais je te plains un peu quand même...

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    2. Stoon >> pourquoi cette animosité?
      au lieu d'insulter, tu ferais mieux d'expliquer ce qui ne va pas d'après toi.

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    3. Trouve la lumière en toi, derrière toutes ces ténèbres.
      Elle est là, ouvre lui la porte.

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  9. salut ! La derniere fois j ai repensé a la une de the economist avec les fameux 11.5 et 11.3. j ai trouvé cette video you tube

    http://www.youtube.com/watch?v=b8dPFtT5V4g&sns=em

    Je ne pense pas avoir tous compris par raport à l anglais . quel est votre avis ?
    Qu en pensez vous ? avez vous trouvés d autres informations ?

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