mercredi 27 janvier 2016

Un ancien employé du Département d'Etat US avoue avoir fourni des visas à des membres d'Al-Qaida recrutés par la CIA


Encore une info très compromettante dont aucun média francophone n'a jamais parlé. Pourtant, l'information n'est pas nouvelle puisque Mike Springmann évoque son implication dans l'obtention de visa à des terroristes en devenir, spécialement recrutés par la CIA. Cette vidéo date de 2006 et 10 ans après, un média francophone (russe) se décide à en parler. Pour les médias français...attendons encore 10 ans, peut-être.

Du coup, pour ceux qui vous demandent si le 11 septembre a été réalisé par la CIA ou par des terroristes, vous pourrez leur répondre: les deux en un (avec un petit bonus surprise). A noter que lorsque l'on publie des infos comme celle là, on est d'emblée taxé de complotiste. Par contre, quand le New York Times nous explique comment la CIA a entraîné des djihadistes liés à Al Qaeda en Jordanie, ça passe comme une lettre à la poste. Par le plus grand des hasards, on apprenait en 2014 que les Etats-Unis avaient aussi formé des membres de l'Etat Islamique en Jordanie. Fawkes
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Selon un ancien employé du Département d'Etat US, les islamistes entraînés par la CIA et munis de faux visas américains sont ceux-là mêmes qui ont formé le noyau de la nébuleuse terroriste Al-Qaïda et plus tard de Daech (EI).

Les islamistes formés par la CIA pour lutter contre les troupes soviétiques en Afghanistan ont par la suite été munis de faux visas américains et transférés dans les Balkans, en Irak, en Libye et en Syrie, a déclaré à Sputnik Mike Springmann, auteur du livre "Visas pour al-Qaïda" et ancien employé du service consulaire américain en Arabie saoudite de 1987 à 1989.

"Je le sais, j'y étais. J'ai délivré ces visas", a déclaré M.Springmann dans une interview exclusive à Sputnik.

Il a dit avoir surnommé ces visas spécifiques de "passe-partout pour les agents de la CIA".
"Un jour, Eric Qualkenbush, responsable de la CIA en poste à Djeddah, m'a interpellé alors que je me promenais dans la cour du consulat américain. Il avait un service à me demander. Il m'a prié de délivrer un visa à l'un de ses agents, un Iranien dont la famille possédait un magasin de tapis orientaux (…). Nous avons besoin de ses consultations à Washington, a-t-il dit", a indiqué M.Springmann à Sputnik.

Il a en outre dit avoir reçu quotidiennement des consignes concernant l'octroi de visas de la part de Jay Freres, consul général des Etats-Unis en Arabie saoudite. Selon M.Springmann, il s'agissait de personnes dont il aurait dû rejeter les demandes conformément à la loi et aux normes américaines. Certains demandeurs de visas menaçaient de se plaindre auprès de M.Freres si leur demande était rejetée.

La plupart de ces personnes étaient, d'après M.Springmann, des "types douteux" qui ont obtenu des visas et se sont rendus aux Etats-Unis pour y prendre notamment des cours d'entraînement. Les responsables américains qui ont réglé leurs papiers ont ainsi violé l'Acte sur l'immigration et la citoyenneté et beaucoup d'autres normes formulées par le Département d'Etat. 

En tant que personne chargée de veiller au respect des lois américaines relatives à l'immigration, M.Springmann s'est opposé à ces dérogations aux normes, en vain.
M.Springmann a enfin compris que sa mission principale à Djeddah était d'accorder des visas aux étrangers recrutés par la CIA.

"J'ai enfin compris avec consternation que les demandeurs de visas étaient des recrues pour la guerre en Afghanistan contre les troupes soviétiques. Plus tard, ces combattants entraînés aux Etats-Unis sont allés sur d'autres champs de bataille: en Yougoslavie, en Irak, en Libye et en Syrie", a-t-il révélé.

Pourquoi confier cette mission délicate à un employé innocent alors qu'un agent secret pouvait très bien s'en charger? D'après M.Springmann, seuls trois des vingt Américains "travaillant au consulat à Djeddah étaient des employés du Département d'Etat, les autres étant des agents de la CIA ou de la NSA (Agence nationale pour la sécurité) ou leurs épouses". 

La réponse est simple et cynique: la CIA se tenait à l'écart de ces manipulations de papiers douteuses pour en rejeter la responsabilité sur de simples clercs si l'affaire devait être rendue publique. Si l'employé remplissait les papiers nécessaires sans poser trop de questions, il gardait son poste. S'il respectait la loi à la lettre et s'opposait à la délivrance des visas aux personnes n'ayant pas le droit d'entrer aux Etats-Unis, il risquait d'être limogé pour incompétence.

"Mon nom figurait sur les visas et j'étais donc personnellement responsable de ces actes", déplore M.Springmann.

"Deux Pakistanais sont venus me demander un visa. Ils ont déclaré qu'ils se rendaient à un salon automobile aux Etats-Unis dans le cadre d'une mission organisée par le Département du Commerce. Toutefois, ils ne savaient pas le nom du salon ni la ville où il devait se tenir. J'ai rejeté leur demande de visa. Six minutes plus tard, Paul Arvid Tveit (responsable de la CIA) m'a appelé et a exigé de délivrer des visas à ces Pakistanais. J'ai expliqué les raisons de mon refus se référant au point 214b de l'Acte sur l'immigration et la citoyenneté (…). Contrairement à la loi, M.Tveit s'est adressé à Justice Stevens (chef du service consulaire). Les visas leur ont été accordés", avoue M.Springmann.

"Un officier a exigé d'accorder un visa à un réfugié soudanais sans emploi résidant en Arabie saoudite. J'ai refusé conformément à la loi. Elle s'est adressée à Justice (Stevens) et le visa a été délivré. J'ai plus tard demandé à Justice pourquoi il avait permis d'accorder un visa à une personne sans liens avec le Soudan ou l'Arabie saoudite, il a répondu simplement +sécurité nationale+", a noté M.Springmann.

"Ce n'était pas une simple fraude au visa, mais quelque chose de plus sérieux: un programme de visas pour terroristes mis en place pour recruter et entraîner aux Etats-Unis des assassins, des criminels de guerre et des violateurs des droits de l'homme (…). Ces hommes sont devenus les membres fondateurs d'Al-Qaïda", a estimé Joe Trentko, journaliste au Public Education Center de Washington, lors d'une rencontre avec M.Springmann.

L'Arabie saoudite et les autres pays de la région étaient contre l'entraînement de rebelles sur leur territoire où ils pourraient ensuite provoquer des coups d'Etat. Voilà pourquoi la plupart de ces "recrues" ont été envoyées aux Etats-Unis où il y avait près de 52 centres d'entraînement, y compris à New York.

"Les agents secrets américains ont recruté et formé ceux qui étaient alors des moudjahidines avant de devenir Al-Qaïda et l’Etat islamique (Daech). J'ai vu leurs débuts à Djeddah sans le savoir. Nous avons tous vu plus tard ce qui arrive lorsque les services de renseignement contrôlent la politique étrangère et la diplomatie: les gens qu'ils ont recruté ont œuvré pour l'éclatement de la Yougoslavie, la destruction de l'Irak, l'effondrement de la Libye et la guerre en Syrie", a conclu M.Springmann.
Un récent article paru dans le journal américain The New York Times confirme les révélations de M.Springmann.

Selon le journal, la CIA collabore depuis des années avec l'Arabie saoudite, qui a versé autant de fonds que les Etats-Unis aux moudjahidines afghans à l'époque où ils combattaient les troupes soviétiques. Les fonds transitaient par des comptes de la CIA en Suisse dans le cadre du programme Al-Yamamah de 1985. Ce programme a permis aux Britanniques et aux Saoudiens d'échanger du pétrole contre des armes et de créer des comptes offshore clandestins pour financer et armer des rebelles dans plusieurs pays et notamment la guerre en Afghanistan. Le programme d'armement de rebelles syriens, approuvée par le président Barack Obama en 2013, est le plus récent résultat de cette coopération. 

Liens connexes:

La CIA (et la France) entraîne des rebelles syriens en secret depuis 2012




Source: Sputniknews

2 commentaires:

  1. J'aime bien insulter les espions qui violent des vies privées sur internet, leur dire que ce sont de grosses ***, surtout si ce sont des envahisseurs ou autres collabos. Il faudrait que tout le monde fasse pareil.

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  2. j'espere que ce monsieur Mike Springmann
    soit encore en vie et en bonne santé car franchement il dénonce des agissements que certaines personnes à la cia n'apprécierait pas que ça s'ébruite de trop .

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