samedi 23 avril 2016

Manifestations, émeutes et attentats : les CRS formés à ouvrir le feu en cas de force majeure



POLICE - Depuis 2013, les CRS réfléchissent à la riposte à adopter si des émeutiers ou des manifestants les visent avec des armes à feu. Avec la menace terroriste, notamment les risques de tueries de masse, le plan de formation s'est accéléré. 

Avant l'Euro 2016, 1500 CRS seront opérationnels.

Fusil d’assaut, casque balistique, arme longue, bouclier pare-balles souple… Ce jeudi matin, la CRS 34 de Roanne a troqué son gourdin et ses réserves de gaz lacrymogènes contre le HKG36, calibre 5,56mm, et le Tikka, un 7,62. Plutôt l’apparat d’un policier d’élite que celui d’un CRS. Par binôme – un observateur et un tireur –, les CRS progressent pas à pas vers un bâtiment où des individus armés sont retranchés. Objectif ? Les neutraliser ou tout du moins les contenir avant l’arrivée du RAID. 

Depuis 2013, les CRS, ces spécialistes du maintien de l’ordre, réfléchissent à la façon dont ils pourraient répliquer face à l’utilisation d’armes à feu. Lors des émeutes urbaines de Villiers-le-Bel (Val-d’Oise) en 2007, ils avaient essuyé des tirs de fusils de chasse, sans pouvoir se défendre à armes égales. "Nous pensons que si ça devait se reproduire, certains individus pourraient avoir recours à des armes de guerre", explique un gradé. Depuis, la loi leur a donné l’autorisation de sortir des armes létales, en cas d'absolue nécessité.

Radicalisation des mouvements syndicaux


Une réflexion poussée par la radicalisation des mouvements étudiants et syndicaux. Le contexte terroriste et les attentats de novembre ont accéléré le processus de formation. Ce qui pose, a minima, question. Les CRS vont-ils déployer des armes létales en queue de cortège ? Imaginez des CRS prendre place sur les toits de la Place de la République pour contenir une manifestation sauvage de "Nuit Debout"... "Ce n’est pas parce qu’on sort l’arme longue qu’elle va être utilisée", tranche-t-on. En cas de coups de feu, comment savoir d’où le tir est parti dans une foule ? Etait-ce une arme ou un pétard ? "C’est toute la difficulté", reconnaît un encadrant. Il précise : "D’où l’importance du binôme. Quand l’un est focalisé sur le tir, l’autre observe. Les renseignements, c’est ce qui nous a fait défaut pendant les émeutes de 2005."


Les CRS mettent-ils les émeutiers, les manifestants violents et les terroristes sur le même plan ? Ces techniques de neutralisation, promet-on, ne seront appliquées uniquement dans le cadre de la légitime défense et de l'absolue nécessité. "Oter la vie ou en donner l’ordre sur un gamin de 15 ans, même en cas de légitime défense, est une décision lourde de conséquences. On peut vous en vouloir d’avoir tiré, comme on peut vous reprocher de ne pas avoir tiré", observe un responsable de la stratégie chez les CRS. En quelques secondes, seulement, le policier va théoriquement devoir prendre cette décision s’il se retrouve face à cette situation.

Doctrine basée sur l’initiative

Les policiers regrettent une formation "express". "Une semaine, ce n'est pas assez au regard de la responsabilité et de la mission", oppose David Michaux, délégué national CRS de l’Unsa-Police. D’autant que cette nouvelle doctrine basée sur l’initiative pour réagir rapidement tranche avec les habitudes d’un commandement très vertical du maintien de l’ordre. "On change complètement de logiciel", reconnaît un stratège CRS.

Ce qui inquiète, d'ailleurs, l'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (Acat), auteur d'un rapport sur les violences policières. "Une loi est en train d'être examinée au Sénat. Elle prévoit d'élargir la protection du policier en dehors du cadre terroriste. On craint des dérives dans des infractions du droit commun", averti Aline Daillère, responsable des programmes prison-justice à l'ACAT.

"Nous nous formons à faire face à n’importe quelle situation. Y compris si, par exemple, le mouvement ‘Nuit Debout’ était visé par des coups de feu", ajoute un commandant. Dans ce scénario, les CRS, premiers sur les lieux, poseraient alors rapidement leur matraque pour sécuriser les manifestants et tenter de neutraliser les agresseurs avant l’arrivée d’unités d’élite. Des CRS régulièrement pointés du doigt dans les violences policières qui seraient érigés en héros nationaux.

Du maintien de l’ordre à la menace terroriste

Les attentats de novembre dernier ont amené les CRS à recentrer leur tactique sur la problématique des tueries de masse. Une section de protection et d’intervention (SPI 4G), environ 25 hommes, a été créée dans chaque compagnie. Avant l’Euro de football, 1500 CRS seront formés, sur les 8000 en France. Ils auront la lourde responsabilité de la sécurité autour de certaines "fan zone", ces espaces ouverts où seront retransmis sur écran géant les principaux matches. "Il faut que nous soyons en mesure de passer d’une situation de maintien de l’ordre classique à une intervention très rapide pour neutraliser un terroriste", explique Daniel Olié, chef du bureau de la formation au sein de la direction centrale des CRS et artisan de la nouvelle doctrine d’emploi. Mercredi 20 avril, la CRS 05 de Massy a reçu le 1er HK G36, un nouveau fusil d’assaut en dotation, délivré aussi aux policiers des brigades anticriminalité (BAC) en cas de tuerie de masse ou d’attentat.



Source: Metronews

2 commentaires:

  1. C'est épouvantable ! A qui a servi le Bataclan ?

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  2. Ben oui c'est marqué dans la constitution européenne noir sur blanc melenchon l'avait fait remarquer faudra pas se plaindre après

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