samedi 11 février 2017

Un enseignant menacé de viol, injurié et violenté...par la police


Cette affaire est récente, elle date de septembre dernier. L'article est un peu long mais je vous invite à le lire jusqu'au bout car cela en dit long sur la folie policière ordinaire qui règne ces derniers temps en France et qui n'a rien à envier aux Etats-Unis. A l'époque, les policiers ont essayé de minimiser les faits tout en reconnaissant avoir fait une clé de bras pendant 12 à 15 minutes (ce qui est déjà énorme pour une personne qui n'a rien à se reprocher). Pire ils on affirmé que "[il] a pu malencontreusement se heurter à un étui d’arme ou à la jambe de [son] collègue». Si un délinquant servait aux policiers une excuse pareil au commissariat, on lui rirait au nez. A noter que, une fois encore, l'agression a été perpétrée à Saint-Denis. Fawkes
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Il vient d'arriver cela à un collègue enseignant à Paris-1. Une scène horrible et impensable il y a quelques années. Le discours anti-flic primaire me fatigue. Mais à un moment il faut ouvrir les yeux. 

"Je sortais d’une gare de banlieue avec une copine, en fin de journée. Au moment de passer les tourniquets, on entend des hurlements. Pas un cri normal, mais un cri de douleur, intense, et l’on comprend immédiatement qu’il se passe quelque chose. Comme tous les autres à côté de nous, mon regard est capté par la scène qui se déroule sur notre gauche. Une femme noire d’une cinquantaine d’années est menottée, et c’est elle qui hurle que les menottes lui broient les mains, qu’elle n’en peut plus. Entre elle et le petit attroupement d’habitants qui s’est formé, une trentaine de policiers équipés, avec un chien d’assaut. Il y a la sûreté ferroviaire et la police nationale.

Les gens sont inquiets, l’ambiance est très tendue, tout le monde demande ce qui se passe, pourquoi ils torturent cette femme en pleine rue. La scène est marquante, elle ressemble à cet été après l’assassinat d’Adama, ou aux images de la mobilisation aux Etats-Unis : une rangée de policiers, face à une autre rangée d’habitantes et habitants noirs de la ville. Ces derniers sont clairs, ils n’ont aucune confiance. Un homme raconte comment son frère a été interpellé sans raison, mis en garde à vue et violenté. Les flics nous disent de « nous casser ».

J’avais peur pour la victime de cette interpellation, peur de cette scène raciste, je voyais la police déraper à tout moment. J’ai sorti mon téléphone pour filmer, en me disant que cela pourrait cadrer les choses, faire baisser le niveau d’impunité. Ça n’a pas duré plus d’une minute. L’un des flics m’attrape par l’épaule gauche et me fait pivoter : « celui-là on lui fait un contrôle d’identité ». Je demande pourquoi, il m’arrache mon téléphone. Je lui dis qu’il n’a pas le droit de le consulter sans mandat de perquisition.

Mais tout s’accélère : dès qu’ils ont réussi à me tirer de leur côté du cordon formé par leurs collègues, ils se mettent à deux sur moi, chacun me faisant une clé à l’un des bras. Une douleur énorme me traverse les articulations. J’ai les deux bras torsadés dans le dos, avec ces deux hommes dans des positions qu’ils ont apprises, qui pèsent de toute leur force pour me plaquer contre le mur. A plusieurs reprises, ils m’écartent un peu et me rebalancent, pour que je me cogne. J’ai d’abord pensé qu’il s’agissait juste de m’intimider et de me mettre à l’écart. Mais ils ne relâchent pas. J’ai le souffle coupé et je ne proteste plus, je me dis qu’ils vont m’embarquer pour « outrage » ou « rébellion », et sont en train de chercher à créer des faits de toutes pièces.

Le pire en réalité n’était pas la douleur. Les deux flics qui sont sur moi sont surexcités. Et ils se lâchent. Crânes rasés, les yeux brillants, j’ai du mal à croire que la scène qui suit est réelle. « On va te tuer, tu es mort, on va te défoncer, je te crève là sur place dans dix minutes ». Et au fur et à mesure que les cartilages s’étirent sous la torsion, ils remontent mes poignets dans mon dos, et augmentent la torsion. Celui de gauche me met la main sur les fesses. « T’as cru que t’allais jouer avec la police ? Regarde comme on va jouer avec toi ». Et il me met une première béquille. Puis il remet sa main sur mes fesses. Avec les clés de bras, je ne peux plus respirer normalement. Nouvelle béquille. « On va te violer, ça te plaît ça ? Je vais te violer et on va voir si après tu filmeras la police ».

Ça continue. « Tu soutiens Daesh c’est ça ? ». « Quand ils vont venir tu feras quoi ? Tu vas les sucer ? ». « Faudra pas pleurer et demander qu’on te protège ». Je n’ai réalisé que plus tard qu’ils étaient en train de parler de Daesh...pour justifier leur attitude face à une femme racisée qui avait oublié son pass navigo.

Ils ouvrent mon sac et prennent mon portefeuille, le vident dans mon dos. Ils me prennent mes clopes en me disant de m’asseoir dessus. Ils trouvent ma carte de prof précaire à la fac. « T’es prof ? Quand l’Etat islamique viendra à la Sorbonne tu vas les regarder en te branlant ? ». Celui de gauche : « Regarde-moi sale pédé. Sale pute. Tu habites là-bas hein ? (il montre mon immeuble). Je vais venir chez toi, je vais mettre une cagoule et je vais te violer ». Je suis vraiment abasourdi, je pense qu’il a répété les mêmes menaces une bonne vingtaine de fois en tout. J’ai affaire à des flics politisés, des flics de l’état d’urgence permanent, qui se vivent comme en guerre contre Daesh, un Daesh qu’ils assimilent à toute personne racisée, et avec qui j’aurais pactisé en me solidarisant de leur victime du jour.

Ils montent encore d’un cran. « Maintenant on va te mettre des coups de tazer, tu vas voir comment ça pique ». Et, toujours celui de gauche, m’envoie une décharge dans le bras. Je sursaute, et je me mets à trembler. J’essaie de ne pas le montrer, je ne dis rien, mais la pensée qui me vient à ce moment est que la situation va peut-être déraper encore plus. Qu’ils vont me faire une autre clé, ou me frapper avec leur tonfa avant de m’embarquer. « Tu vas crever ». « Je vais t’enculer ». Avec toujours les attouchements. Et la douleur est telle dans les bras, les épaules, le dos, que je me dis que je dois me préparer à ce qu’une de mes articulations lâche.

Derrière, j’entends la copine avec qui j’étais qui crie, qui leur dit de me lâcher. Je voudrais lui dire de laisser tomber. J’ai une boule au ventre : qu’est-ce que ces tarés lui feront s’ils l’interpellent ? Mais entre-temps, l’attroupement a probablement un peu grossi, et le groupe de policiers doit savoir qu’il ne peut pas faire durer indéfiniment la situation. Celui qui me torsade le bras droit me dit : « Il faut qu’on chope la meuf, on la charge pour appel à rébellion ».

J’entends qu’ils discutent entre eux. Un des deux hommes me lâchent le bras et me dit : « Tu regardes le mur, si tu te retournes, si tu bouges, on t’ouvres le crâne ». Je ne bouge pas. « On va venir à la Sorbonne, on va vous exterminer toi et tes collègues, sale gauchiste ». Puis ils me retournent et je me retrouve devant les yeux exorbités du flic qui me tenait le bras gauche. « T’es contractuel sale bâtard ? On va te faire un rapport salé, ta titu tu peux te la mettre ». Je ne dis rien. Ils m’appuient sur la poitrine. « Maintenant tu déverrouilles ton téléphone et tu effaces la vidéo ». Je m’exécute, en me disant que c’est dans ma tête et pas sur ces images de l’attroupement statique que ce qui vient de se passer est gravé. Il m’arrache l’appareil, et ouvre le dossier photo, commence à tout regarder.

Puis tout à coup, le reste de leur groupe charge les habitants qui s’étaient regroupés. C’est rapide et extrêmement violent. Je vois leur chien se jeter sur les gens, et eux avec les gazeuses et les tonfas. Tout le monde fuit, en panique, y compris les personnes âgées. Les deux policiers qui m’ont agressé me jettent mon portefeuille et son contenu à la figure et partent en courant. Je craint pour mon amie, je ne la vois pas. Mais je l’aperçois finalement qui revient, elle avait réussi à s’échapper. Rien à faire d’autre que rentrer chez nous, la rage au ventre, et tout le torse ankylosé et douloureux. Je me dis que cette police raciste serait allée encore plus loin si j’étais racisé. Un homme nous explique que c’est comme ça dans toute la ville depuis ce matin. « Vous voyez on ne fait rien, mais ils tabassent des gens au hasard pour susciter des troubles ». On se réconforte mutuellement, se souhaite bon courage. Il en faudra ; mais on n’en manque pas."





Source: Guillaume Mazeau, Maître de conférences en Histoire et civilisations à la Sorbonne et collègue de la victime Guillaume Vadot



14 commentaires:

  1. [HS]
    Manuel de détection de Trolls/taupes sur Internet
    http://leblogduconnardnumero1.blogspot.fr/2017/02/manuel-de-detection-des-taupestrolls.html

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  2. Comme disait Coluche, il y a déjà plus de 30ans..
    N'ayez pas peur, Madame, on n'est pas de la police"... ^^

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  3. c'est vraiment incroyable ce qui se passe en france et en europe ,on dirait que les dirigeants font expres pour qu'il arrive queque chose ,qu'il y ait rebéllion de la part du peuple ,le comportement sauvage des policiers font tout pour se faire hair,on dirait qu'ils ont recus des ordres d'en haut et avec la crise des immigrants qui prends toute la place, on voit que cela n'est pas normal,sans etre raciste aucun pays n'est capable d'accueillir tant de monde d'un seul coup, et avec tous les avantages en plus au détriment du natif qui en subit les conséquences, l'on comprend bien qu'il y a un plan derriere tout cela,et en plus les dirigeants qu'ils mettent au pouvoir faisant semblant de prendre des décisions qui vont a l'encontre de nos aspirations,préparez-vous au pire,car tout cela n'a plus aucun sens il y a un plan pour nous qui va nous sauté dans la figure et a ce moment la il sera trop tard,IL FAUT SE RÉVEILLER,au plus vite,tout cela ne tient pas la route.

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  4. j'y crois très moyennement à son récit, on est tellement manipulé hein

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    1. Son récit a été (en grande partie) confirmé par plusieurs témoins. Cherche le nom de la victime tu trouveras plusieurs articles à ce sujet. Son témoignage (tout comme celui de Théo) est bien plus crédible que les excuses bidons de la police genre "oh, il a du malencontreusement se heurter à une jambe"....

      Tu imagines un violeur sortir un truc pareil dans une cour de justice?

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    2. Bizard ça, à debunker pour être sûr. Les gauchos c'est des fourbes prêt à foutre le chaos dans ce pays qui meurt de jour en jour.

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    3. Et tu crois que les autres coui* de droite ou centristes sont mieux!

      Pareil, c'est de la politique.

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  5. Magnifique ce texte. Un vrai cas d'étude.

    "pourquoi ils torturent cette femme en pleine rue"
    Mettre des menottes devient un acte de torture...
    Crier et hurler lors d'une interpellation est un procédé connu pour tenter de mettre un terme à ladite opération.

    "J’avais peur pour la victime de cette interpellation, peur de cette scène raciste, je voyais la police déraper à tout moment"
    Aucun préjugé de la part de ce gentil témoin-victime, qui était juste en train de se faire un film avec peu de rapport avec la réalité.

    "Crânes rasés, les yeux brillants"
    Donc la victime de clefs aux coudes voit les yeux de ceux lui tordent les bras dans le dos. Très fort.

    "Je me dis que cette police raciste serait allée encore plus loin si j’étais racisé"
    La vilaine police qui est raciste mais qui s'en prend à quelqu'un qui semble blanc (je ne connais pas l'adjectif racisé, terme de novlangue), cherchons la logique.

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    1. Tu n'étais pas là pour savoir pourquoi cette femme criait. S'ils ont été aussi violents avec elle qu'avec lui, ça se comprend. Par ailleurs, je ne vois pas en quoi le fait de crier permettrait de mettre un terme à une opération de police. ça aurait plutôt tendance à inciter les policiers à embarquer la personne plus qu'autre chose à mon avis.

      "Peu de rapport avec la réalité"? Avec tout leur délire sur daesh et les remarques qu'ils s'est pris après, ça a l'air au contraire assez cohérent.

      Pour la physionomie des policiers, c'est logique qu'il ai pu les voir soit avant, soit après les clés de bras. ça ne prouve rien.

      La police peut très bien être raciste et s'en prendre aussi à des blancs. On ne voit pas bien en quoi ce serait incompatible. Surtout dans la mesure ou celui-ci défend une personne noir. Une fois qu'il est pris en grippe par la police, il devient de facto une cible pour eux.

      Racisé est une terme peu utilisé qui veut signifie le fait de stigmatiser une personne en raison de sa couleur (en l'assimilant à une supposée race donc).

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  6. http://www.francetvinfo.fr/societe/justice/viol-presume-au-36-des-photos-et-des-videos-effacees-par-les-policiers_1704647.html

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  7. A la lecture de ce texte,j'ai comme un très gros doute concernant la véracité des faits, pour moi tout ça sent l'esbroufe à plein nez...toujours histoire de faire monter la mayonnaise; "agiter le peuple avant de s'en servir " comme disait l'autre

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  8. Quand on a vécu un événement difficile, on a pas besoin de lire son texte quand on donne sa version des faits.
    Si on lit son texte c'est pour moi une manipulation pour être bien sûr de ne rien marquer dans l'histoire fictive.

    En tout cas ça me rappelle des choses à la veille des élections.

    Laisser la justice se faire au lieu de disserter sur des situations que nous ne maitrisons pas.

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    1. Il ne lit pas pas tout son texte. C'est une aide probablement pour ne pas se perdre dans son récit ou oublier des détails. Personnellement, ça ne me choque pas. C'est juste un peu plus étonnant de la part d'un enseignant qui est habitué à s'exprimer en public.

      Son récit me parait en tout cas nettement plus crédible que celui de la police.

      Encore récemment, celle-ci a montré à quel point elle aime mentir et s'attribuer des lauriers qu'elle ne mérite pas.

      https://francais.rt.com/france/33858-bobigny-filette-sauvee-voiture-feu-version-temoins-theo

      Des CRS qui sauvent quelqu'un? ça semblait irréel. Ce n'est pas leur job d'ailleurs.

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    2. Sans crs les voyous régneraient et comme tout humain, il est devoir de sauver son prochain en cas de mort imminente. Sauf qu'ils sucent trop l'état, c'est ça le problème, ils ont le pouvoir avec le peuple de destituer ce putain de royaume du mal remplis de déchets de politiciens.

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