lundi 10 décembre 2018

Samedi à Paris, la police avait une arme secrète dans ses blindés


Selon nos informations, certains des blindés de la gendarmerie disposés pour la première fois dans Paris ce samedi 8 décembre étaient secrètement équipés d’une réserve de liquide incapacitant. Un dispositif radical qui ne devait servir qu'en dernier recours.

C’est dire si le pouvoir a eu peur. Samedi 8 décembre, certains des blindés de la gendarmerie disposés pour la première fois dans Paris étaient secrètement équipés d’un dispositif radical, qui n’aurait été utilisé « qu’en dernier recours » : une réserve de liquide incapacitant. 

Selon nos sources, la pulvérisation de ce liquide sur une foule de gilets jaunes aurait été capable de « les arrêter net, mettant les gens à terre, même avec des masques ». Chaque engin aurait pu « neutraliser » une surface de plusieurs terrains de football… « Heureusement, que l’on n’en est pas arrivé là », ajoute cette source haut placée dans le dispositif policier. 

« L’autorité politique », comme le disent les fonctionnaires, aurait approuvé l’éventuel emploi d’un tel produit, qui n’aurait été utilisé qu’en cas de « débordement ultime ». Une sorte de « dernier rempart », utilisable sur décision politique… Interrogée, la préfecture de police de Paris renvoie au ministère de l'Intérieur.

C’est le premier enseignement de la journée du 8 décembre : le préfet de police de Paris a perdu son leadership sur le maintien de l’ordre dans la capitale. La semaine dernière, le ministère de l’Intérieur, sous la double commande de Christophe Castaner et Laurent Nuñez, a pris les choses en main, largement épaulé en ce sens par les syndicats policiers. 

Cette mainmise du ministère de l’Intérieur ne s’est pas faite sans friction avec la préfecture de police de Paris, où le préfet Michel Delpuech a grincé à plusieurs reprises devant la mise en place d’un dispositif mobile et décentralisé, contraire aux pratiques antérieures. Selon nos informations, le préfet a d’ailleurs réclamé en fin de semaine dernière « des instructions écrites », ce qui, en mœurs préfectoraux, consiste à « se couvrir » à l’approche d’une situation controversée.

 « D’un point de vue policier, le maintien de l’ordre de samedi à Paris a finalement été un succès, ces frictions ne sont plus d’actualité », sourit une source à la préfecture de police. Bilan en six points.

1 - Un nettoyage sans précédent. De mémoire de policier, aucune manifestation parisienne contemporaine n’avait mobilisé autant de préparatifs en amont. Quasiment toute la rive droite avait tiré les stores, barricadé ses vitrines et rangé ses voitures. Le mobilier urbain avait été démonté et la plupart des chantiers de voirie vidés sur un large périmètre, pas seulement autour de la place de l’Etoile. 

Lors de la première manifestation sur les Champs-Elysées, celle du 24 novembre, un seul chantier sur l’avenue avait servi de combustible aux barricades. Lors de la deuxième manifestation, ce sont tous les chantiers autour de l’Etoile qui ont joué le même rôle… Samedi 8 décembre, pour ne pas fournir « armes et combustibles aux manifestants », la majeure partie de la rive droite ressemblait à une ville morte.

2 - Des mesures d’exception aux abords. Autre initiative policière restée cachée jusqu’à samedi matin, les fouilles préventives. Vendredi, les procureurs compétents, notamment aux péages de la région parisienne, avaient pris des réquisitions judiciaires autorisant les contrôles d’identité, invoquant les risques d’infractions liées à la manifestation sur Paris. Ces contrôles ont permis de saisir des objets potentiellement dangereux comme des boules de pétanque, des manches de pioche, ou d’autres signant la participation à un rassemblement, comme des masques de plongée. Résultat, samedi, Paris a battu son record de gardes à vue. 

Le dispositif initial permettant d’en absorber 800 a même été dépassé. Il y en a finalement eu 974 en région parisienne. Mais « seulement » 278 ont donné lieu à un déferrement judiciaire. Dans la majorité des cas, les gardes à vue étaient levées ou se soldaient par un « rappel à la loi ». Autrement dit une admonestation, la simple possession d’un masque de plongée ou d’une bombe à peinture ne pouvant pas, en tant que tel, constituer un délit.

Les interpellations de Julien Coupat, figure de l’ultragauche, ainsi que d’autres activistes d’extrême droite, dès samedi matin, participent du même « dispositif préventif » inédit et controversé. Henri Leclerc, ancien président de la Lige des droits de l’Homme, dénonce un potentiel usage « liberticide très grave ». En clair, une sorte d’interdiction de manifester qui ne dirait pas son nom.

« On assume, confie une source policière. Au moins, ces gens n’étaient pas dehors. Cela a fait dégonfler les effectifs de durs potentiels ». Autre dispositif en amont, la plupart des gilets jaunes, avant de rejoindre les principaux « spots » de manifestation (Champs-Elysées, Bastille, République), étaient systématiquement fouillés. La plupart y perdaient leurs masques de protection contre les lacrymogènes. 

Pour parvenir jusqu’au Champs-Elysées, avec toutes les stations de métro bloquées et les barrages de policiers disposés à certains endroits autour du périmètre interdit, la plupart des gilets jaunes ont dû marcher plusieurs heures… Résultat, une grosse partie des manifestants errait d’un point à un autre, sans parvenir à rejoindre aucun « point chaud ». De fait, durant la quasi-totalité de la journée, le rapport de force sur les lieux de friction est toujours resté à l’avantage des policiers.

3 - Un dispositif mobile et décentralisé. C’est la grande nouveauté de cette journée. Les policiers et gendarmes sur Paris étaient « mobiles » et leur commandement largement décentralisé, par secteur. « Bien sûr, il y avait toujours autant de galonnés autour du préfet, dans la salle de commandement de la préfecture de police, se désole un fonctionnaire, mais pour la première fois, c’est vraiment le commissaire de terrain qui menait sa troupe en fonction de ce qu’il voyait sur place ». Avec une efficacité spectaculaire, à l’œuvre sur les Grands Boulevards, où, avançant au milieu de deux canons à eau, des policiers et gendarmes « nettoyaient » au fur et à mesure les feux de poubelles moins de cinq minutes après leur déclenchement.

 « Comme à l’entraînement ! On avançait vite, sans leur laisser le temps de former une véritable barricade devenant vite un point de fixation », raconte un fonctionnaire. Ce dispositif a permis d’éviter la confrontation générale du 1er décembre, avec une place de l’Etoile occupée par les gilets jaunes et des forces de l’ordre assiégées des heures durant, en direct sous les yeux des caméras du monde entier. « Samedi, dans l’après-midi, il y a eu des moments de grande tension, notamment autour de l’Etoile, mais ils se sont moins vus », admet cette source.

Jusque-là, le maintien de l’ordre parisien « habituel » privilégiait l’absence de contact avec la foule. « Pour ce genre de manifestation, la mobilité était souhaitable depuis longtemps, il y aura un avant et un après samedi 8 décembre », se réjouit un commissaire parisien, saluant pour sa part l’efficacité du dernier dispositif. « On nous rétorque depuis des années que le contact risque d’augmenter le nombre de blessés, cela n’a pas été le cas », ajoute-t-il. Le bilan de samedi est de 264 blessés dont 39 fonctionnaires. 

Un manifestant a eu une main arrachée à cause d’une grenade, une femme a perdu un œil sur les Champs-Elysées, vraisemblablement à cause d’un tir de flash-ball. Dès vendredi, après des premiers incidents liés à des flash-ball lors de manifestations lycéennes, 200 personnalités, dont plusieurs députés de gauche, ont appelé à cesser immédiatement l’usage de ces armes.


4 - Une mobilisation en hausse. Autre constat, malgré les appels incitant à ne pas manifester à Paris, la mobilisation des gilets jaunes a grossi d’une semaine sur l’autre.

[...]



8 commentaires:

  1. A lire concernant ce produit, notamment les dangers liés aux risque d explosions à mettre en parallèle avec l usage de grenades explosives.
    http://www.inrs.fr/publications/bdd/fichetox/fiche.html?refINRS=FICHETOX_215&section=incendieExplosion.

    L utilisation d un tel produit n est elle pas une violation de la convention de Genève ?

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    1. apparemment il existerait plusieurs produits incapacitants; comment savoir quel produit se trouvait dans les blindés? il serait question d'un liquide

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  2. Moi je dirais qu'il s'agit plutôt de rayons laser, genre rayon gamma, afin de stériliser une partie de la population, une exposition trop prolongée peut faire éclater les couilles chez les gars et les ovaires chez les femmes ... d'après certaines sources ...

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  3. Leurs armes deviennent trop puissantes pour le peuple, avec l'ia, ils n'auront peut être plus besoin de militaires pour dresser la population, ça c'est rien

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  4. un article sur la question dont je partage le point de vue

    http://algarath-phoenix.com/2018/12/11/les-gilets-jaunes-devaient-subir-des-attaques-neuro-toxiques-irreel/

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  5. nuance , mauvaises langues , c'est seulement l'équivalent de 200 bombes lacrymo en 10 secondes! Ce n'est plus Paris mais Auschwitz! Jusqu'où?

    Attention 122-4 du code pénal : on doit répondre pénalement d'un ordre illégal ( baïonnette intelligente)


    Une information démentie par la gendarmerie auprès du Figaro. (…)
    «Il n’y a pas d’arme secrète», coupe-t-on à la gendarmerie. Les véhicules blindés à roue de la gendarmerie (VBRG), mis en place au début des années 1970 pour assurer le maintien de l’ordre, ne dispersent pas de «liquide incapacitant», corrige-t-on. Il s’agit d’un produit lacrymogène que l’on trouve sous forme de poudre mélangée avec de l’air comprimé dans des bonbonnes. Lorsqu’il est utilisé, ce gaz incolore est actionné par un levier et sort par l’avant du véhicule via une ouverture prévue à cet effet. Quant à ses effets, «ils sont identiques à ceux produits par les grenades lacrymogènes: ils irritent les yeux et les voies respiratoires», nous précise-t-on. Mais ils ne mettent personne «à terre» étant donné que «des masques protègent du gaz», ajoute un gendarme sous couvert d’anonymat.

    L’équivalent de 200 grenades en 10 secondes
    En revanche, ce gaz lacrymogène dispersé depuis un blindé peut couvrir une très grande surface. «L’équivalent d’un à deux terrains de football, selon la météo», nous indique-t-on à la gendarmerie. «Comparez cela avec un tir de 200 grenades lacrymogènes en 10 secondes sur un hectare», illustre une autre source gendarme. «Sachant que nous n’utilisons jamais la totalité en une fois mais agissons par jets courts successifs pour l’économiser». De fait, il est plutôt utilisé dans des espaces dégagés, notamment en zone rurale.

    (…) Le Figaro

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  6. Le liquide incapacitant c'est le sperme de macron ;)

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