vendredi 11 octobre 2019

La reconnaissance faciale débarque en France et vous n’y échapperez pas


Alors que l’ombre de l’exemple chinois et de son “crédit social” plane sur les libertés publiques, la France s’apprête à déployer ALICEM, un système de reconnaissance faciale pour accéder aux services publics en ligne. Malgré de nombreuses réticences...
21 juin dernier : Christophe Castaner rend visite à Christian Estrosi. Saluant « l’ambition sécuritaire » du maire de Nice, ville la plus vidéosurveillée de France, le ministre de l’Intérieur réclame l’ouverture d’un débat national sur la reconnaissance faciale – déjà testée à titre expérimental par le motodidacte de la Riviera.

 Alors qu’on attend toujours l’amorce d’une délibération publique, le gouvernement s’apprête à déployer ALICEM (pour Authentification en ligne certifiée sur mobile). Selon Bloomberg, ce dispositif pourrait être mis en place dès novembre. Une première en Europe. Créé par décret au mois de mai, il doit permettre aux titulaires d’un passeport biométrique ou d’un titre de séjour étranger électronique de s’identifier sur des services en ligne. Pour donner vie à ce laisser-passer dématérialisé, l’utilisateur doit passer son visage à la moulinette d’un logiciel de reconnaissance faciale, en fournissant une photo mais aussi en réalisant une vidéo, dans laquelle il doit réaliser plusieurs gestes, tels que le clignement des yeux ou le mouvement de la tête.
En pointe sur la défense des libertés publiques dans un monde interconnecté, la Quadrature du Net a attaqué le décret au mois de juillet. Rappelant que le Règlement européen sur la protection des données personnelles (RGPD) « a posé un principe d’interdiction de traitement des données biométriques », l’association dénonce un passage en force : « À l’heure où les expérimentations de reconnaissance faciale se multiplient sans qu’aucune analyse ne soit réalisée sur les conséquences d’un tel dispositif pour notre société et nos libertés [...] le gouvernement français cherche au contraire à l’imposer à tous les citoyens via des outils d’identification numérique. »
 A San Francisco, la municipalité vient de voter l’interdiction de la reconnaissance faciale à des fins policières ; le candidat à l’investiture démocrate Bernie Sanders est sur la même ligne ; en France, « pas de juridisme, avançons », comme éructerait Manuel Valls. Dans sa délibération du 18 octobre 2018, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) fronce pourtant les sourcils. « La mobilisation du consentement [...] soulève des interrogations », écrit l’autorité indépendante dans son habituel jargon précautionneux. C’est bien le problème d’ALICEM : puisque le système n’offre aucune alternative à la biométrie, peut-on vraiment s’y opposer en son âme et conscience ?

Horizon policier

Pour l’heure, le dispositif n’est qu’un gadget qui répond à un double objectif de simplification administrative et de certification de l’identité. Des arguments déjà entendus lors de l’imposition du fichier des titres électroniques sécurisés (TES), à l’automne 2016. A l’époque, dans la torpeur de la Toussaint, le gouvernement avait acté - par décret, tiens donc - la création d’une base de données qui compile les données biométriques de tous les Français de plus de 12 ans, afin de lutter contre la fraude et l’usurpation d’identité. Largement inspiré d’un projet de la droite retoqué par le Conseil constitutionnel en 2012, le TES a ainsi ramené à la vie ce que d’aucuns nomment « un fichier des gens honnêtes ».
On pourrait être tentés de relativiser, souligner qu’ALICEM ne prévoit pas de s’accoupler avec des dispositifs policiers. C’est vrai, mais ce serait passer sous silence les inévitables développements sécuritaires de la reconnaissance faciale. Comme le pointait récemment Pierre Januel dans Next Inpact, le fichier TAJ (Traitement des antécédents judiciaires) s’appuie depuis 2017 sur une application capable de repérer les doublons dans son épaisse base de données de 8 millions de photos. 
Et le Fichier des personnes recherchées (FPR), 600 000 personnes, « des fichés S aux mineurs en fugue », jouira bientôt d’outils similaires. Avec des industriels prêts à investir le secteur – Idemia (ex-Morpho), Thales ou Gemalto (qui a développé ALICEM et tombera bientôt dans l’escarcelle de… Thales) –, la France ne veut surtout pas manquer le coche, obsédée par « l’acceptabilité » de cette nouveauté envahissante. D’autant plus que la concurrence est rude : la Chine, qui comptera 600 millions de caméras de surveillance à l’horizon 2020, n’hésite pas à largement financer ses champions de l’intelligence artificielle.
 Certaines start-ups, comme Watrix, prétendent même être capables d’identifier un individu en analysant… sa démarche« Il faut arriver à construire un modèle européen de la reconnaissance faciale »a ainsi plaidé Renaud Vedel, ancien conseiller sécurité de Manuel Valls, désormais en charge de la prospective numérique place Beauvau, lors du dernier congrès Technopolice, organisé par le ministère de l’Intérieur. « Il faut accepter de trouver un équilibre entre des usages régaliens et des mesures protectrices pour nos libertés. Car sinon, la technologie sera mûrie à l’étranger et nos industriels, pourtant leaders mondiaux, perdront cette course. »
Dans une récente note du Centre de recherche de l’Ecole des officiers de la Gendarmerie nationale (CREOGN), un colonel d’inspiration visiblement saint-simonienne dit de la reconnaissance faciale qu’elle « ne peut être désinventée », comme si le progrès technique était un cliquet. Et d’ajouter : « Sous réserve d’algorithmes exempts de biais, elle pourrait mettre fin à des années de polémiques sur le contrôle au faciès puisque le contrôle d'identité serait permanent et général ». C’est dans cette phrase que se révèle le relief de ce nouveau territoire de la surveillance, la « société de vigilance » que promeut Emmanuel Macron. Après tout, qu’est-ce que la reconnaissance faciale si ce n’est la mise en signal des fiches anthropométriques inventées par Alphonse Bertillon, le père de l’identité judiciaire, à la fin du XIXe siècle ? Quel est donc ce monde où un dispositif réservé à la traque des criminels récidivistes peut être étendu à la population générale dans l’indifférence générale ?

Les deux visages du citoyen

Invisibilisés mais omniprésents dans l’espace public (qui remarque encore les caméras ?) et dans notre intimité (bonjour, Alexa), les outils du contrôle social nous ont envahi pour mieux nous anesthésier. Parce que nous n’en subissons pas encore les effets, que nous n'émettons pas encore ces signaux faibles suspects, nous les avons largement laissé faire. Pour retrouver la trace d’un germe contestataire, il faut remonter à 2008 et Edvige, cet intrusif fichier de renseignement enterré sans cérémonie par le gouvernement Fillon (avant de trouver d’autres expédients). L’irruption de la reconnaissance faciale commande pourtant la plus grande attention. En plus d’être particulièrement faillible (le logiciel de la police londonienne se trompe huit fois sur dix) et raciste (elle discrimine les personnes de couleur), cette technologie nous voit littéralement de profil en recomposant notre identité. Plus que toute autre, elle incarne un rêve de société entièrement informatisée, gouvernée par les chiffres et la prédiction des comportements.
Si Kantorowicz a conceptualisé les « deux corps du roi » (l’enveloppe charnelle qui lui appartient et la fonction qui le dépasse), la reconnaissance faciale invente les deux visages du citoyen : celui qu’on porte, et celui qui ne nous appartient plus. Il y a quelques mois, une start-up messine a démarché la mairie de Nice (quelle surprise !) pour intégrer aux caméras de surveillance du tramway un logiciel capable de détecter les émotions des passagers en scannant leur faciès. De quoi, prétend-elle, anticiper toute menace à l’ordre public. Une ambition semblable à celle des eugénistes du début du siècle, convaincus que la phrénologie et la physiognomonie permettaient de classifier les individus, d’évaluer leur compétence ou leur dangerosité. Il faudra alors poser encore et encore la seule question qui vaille : la reconnaissance faciale est-elle une pseudoscience qu'il faut condamner aux oubliettes de l’Histoire ?

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Source: Telerama

14 commentaires:

  1. C'est là où les musulmans sont en avance sur leur temps. La barbe permettra de mieux se camoufler de ces mondialistes décrits dans l'Aurore Rouge (un "must" qu'il faut connaître pour comprendre notre époque).

    A noter que les musulmans furent nombreux à participer à la manif du 6 octobre pour qu'un enfant puisse naître avec un père et une mère ! Voir le reportage de Vincent Lapierre ici (à partir de 7 mn 45) :
    https://www.youtube.com/watch?v=mFukvYNv4lI

    On constate que la plupart des familles musulmanes aspirent à la même chose que les familles chrétiennes. Si le Coran est bien plus critiquable que le Nouveau Testament, par contre, le pape actuel et de nombreux hauts prélats ne suivent plus ce N.T. et déconnent complètement.

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    1. Des musulmans nombreux à la manif ? Mon oeil ! Ils sont comme plus de 98% des autres Français ayant voté U.E. devenus des zombies. Un peu ce qui est dévoilé dans ‘My Dinner with Andre’, un film réalisé par Louis Malle en 1981. On y parle d’un gouvernement mondial totalitaire dirigé par l’argent. d’un cauchemar à la Orwell que l’on devrait fuir. Mais pour aller où ?
      https://www.youtube.com/watch?v=-GIWp9EqqkY

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    2. Lapierre n'est pas indépendant. Concernant l'aurore rouge, ne pas oublier le document essentiel : le nouvel ordre des barbares; il s'agit de la feuille de route planifiée imposée par la fondation rockfeller pour son programme d'eugénisme et contrôle révélée lors d'une conférence par un ancien directeur médical du planned parenthood en 1969 créé par la même fondation; tout y est décrit, nous sommes en plein dedans. Leur plan avance.
      http://www.incapabledesetaire.com/edito/barbares.pdf

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    3. Justement, il n'y avait PAS de musulman à la manif.

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    4. Les musulmans n'en ont rien à cirer des manifs, la preuve:

      https://francais.rt.com/france/66736-imams-rendent-hommage-familles-victimes-attaque-prefecture-police-paris

      C'est pas la première fois d'ailleurs. Ils ne sentent jamais concernés.

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    5. Oui, ils n'étaient qu'une quinzaine à venir ! Mais curieusement les journalistes étaient là ! C'est vrai que l'imam en question était Hassen Chalghoumi !

      « J’entretiens d’excellentes relations avec le CRIF, qui m’invite chaque année à son dîner prestigieux. » Magazine Tribu, octobre 2012

      Que pense-t-il de BHL : "Courageux" Le Point, 19 février 2010

      Prêche fondamentaliste d'Hassen Chalghoumi, qu'en dit Caroline Fourest ?
      https://www.dailymotion.com/video/x2geii1

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    6. https://www.youtube.com/watch?v=JWOKqRySs7Q

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  2. "Une ambition semblable à celle des eugénistes du début du siècle, convaincus que la phrénologie et la physiognomonie permettaient de classifier les individus, d’évaluer leur compétence ou leur dangerosité " : en gros, c'est le délit de sale gueule (de faciès) version scientifique, on nous le vend avec beaucoup de lubrifiant mais au final: y'a même pas assez de places en prison pour tous les y mettre ...

    " Oui mais à qui tu penses ? "
    Ce à quoi je répondrai :
    " Ben ... les sales gueules ... Par contre, les escrocs en col blanc, no problémo ... Ce sont les pires enculés, mais eux, y'a pas de soucis "

    Encore une fois, on s'enfonce vers le pire. J'aime ça. Pour passer innaperçu, il faudra s'habiller en mode LGBT, comme ça au moins on bénéficiera de la discrimination positive. Par contre, je plains les africains, ils vont morfler sévère ...

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  3. Un autre outil de la dictature.

    L'internet plus discret :
    https://www.torproject.org

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    1. 100% d'accord avec toi, je m'en méfie comme de la peste de cette merdasse ...

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  4. Hassen Chalghoumi : Tout un programme !
    https://www.egaliteetreconciliation.fr/IMG/jpg/GO.jpg
    https://www.egaliteetreconciliation.fr/local/cache-vignettes/L534xH574/chalgh-c97bc.jpg

    Révélations sur l'imam Chalghoumi :
    https://www.youtube.com/watch?v=nK0-OghCxSw

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  5. Bien entendu, les attentats aux coups de couteau continuent ! C'est un plan concerté à l'échelon européen ! A qui cela profite-t-il ? Qui se sert de ces pauvres musulmans comme Daesh a été utilisé en Syrie ? Sans doute les mêmes que ceux qui sont derrière l'attentat du 11 septembre 2001 et qui a permis la destruction de plusieurs pays.
    https://francais.rt.com/international/66752-manchester-centre-commercial-arndale-couteau

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    1. L'Arabie saoudite fait certainement partie des instigateurs !

      Déjà, le Roi d'Arabie saoudite, Abdallah-al-Saoud, suivait une étrange religion !
      https://www.youtube.com/watch?v=T9TR-f3NiTY
      Et à l'endroit où Aaron adorait le veau d'or, une nouvelle Babylone !
      2018 : Islam & projet NEOM (révélation CHOC) // Yahia Gouasmi :
      https://www.youtube.com/watch?v=2Sc08Vfd1j8

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    2. Après cela, on peut comprendre la colère d'un politicien marseillais tel que lui au sénat :
      https://twitter.com/Stephane_Ravier
      Il oublie une chose, l'immigration organisée est financée et voulue par l'Union Européenne. Et plus de 98% des Français qui se sont exprimés étaient pour la continuation de la politique de Bruxelles !

      Quand quelqu'un veut se suicider, que peut-on faire ? Rien. On assiste là à la fin d'un pays.

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